Alice et le Dr Parnassus

En bon explorateur du monde Cinéma, je me dois de temps à autres d’aller frapper à la porte du merveilleux, ces films peuplés de créatures imaginaires dans des mondes imaginaires mais aussi ces films aux créatures fantastiques injectées dans le monde ordinaire. A ce petit jeu, Tim Burton et Terry Gilliam sont des références, deux réalisateurs aux univers forts et à la patte inimitable mais aussi de superbes conteurs, leurs dernières œuvres valident les premiers compliments mais le troisième prend un coup autant avec « Alice aux pays des Merveilles » qu’avec « L’imaginarium du Dr Parnassus ». Parlons donc de ces 2 films les amis ! Ouvrons les vannes à débats !  En DVD le 24 juillet.

« Alice aux pays des merveilles » de Tim Burton (2010)

Autant le dire de suite, j’ai mis du temps à me motiver à aller voir la dernière confiserie de Tim Burton. Je l’ai donc vu plus d’un mois après sa sortie, et soyons franc, c’est l’effet 3d qui m’a titillé et a été le réel déclencheur de mon déplacement vers les salles obscures. Mais je me disais aussi que j’avais vu tout les Tim Burton en salles, comment louper celui là qui malgré des critiques mitigées pouvait quand même m’en mettre plein la vue et combler mon niveau d’exigence remis à niveau depuis la débâcle « Planète des Singes ». Verdict : et bien « Alice… » est plein de bonnes choses et tient la route du début à la fin. Pas grand-chose à redire sur les choix esthétiques si ce n’est le look drag-queen de Johnny – Le chapotier – Depp et le choix de la 3D qui n’apporte rien, si ce n’est un argument marketing. Sinon la patte de Burton est bien présente et a mise en scène recèle quelques bons moments.

Malgré tout on ne peut que constater que le ton Burton s’est encore affadie, que le rebelle qui bouillonnait à l’époque de « Mars Attack » ou « Sleepy Hollow »s’est assagi, que l’humour rageur s’est converti et que même si révolution il y a dans l’histoire, et bien on a du mal à en ressentir les picotements. En quelque sorte le syndrome « Charlie et la chocolaterie » a encore frappé mais en moins violent tout de même. « Alice » est aussi parfait que « Charlie » techniquement et présente la même froideur distancière qui fait qu’a moins d’avoir maximum 10 ans, on se contrefout des enjeux narratifs. La grande perdante là dedans c’est l’histoire qui se retrouve a être tellement balisé qu’elle frôle dangereusement avec des enjeux conservateurs contredisant 20 ans de cinéma de Burton. Par contre ce qui fait que Alice est meilleur que « Charlie » et un poil plus excitant, c’est Mia Wasikowska, qui campe magnifiquement Alice. En ayant choisie de raconter le deuxième voyage d’Alice (à 19 ans) dans le pays des merveilles, Burton ajoute une légère dose d’érotisme soft et adultifie (je crois pas que ça existe mais j’aime bien l’expression) son film. Le reste du casting est tout aussi réussi, jusque dans les savoureux choix des interprètes des monstres et animaux du bestiaire du pays des merveilles. Et bon et Danny Elfman dans tout ça, le compère de presque toujours de Burton et bien son score est tout simplement splendide.

le film des studios Disney

A l’heure où j’écris ces lignes j’apprends que « Alice » est rentré dans le top 10 des plus grosses recettes de tous les temps. On peut donc difficilement en vouloir à Burton qui courbe un peu plus facilement l’échine qu’avant, du coup ses films ont moins de saveur mais ils rapportent plus de fric que ses vraies bizarreries. On espère quand même y voir une ruse dans le système, un film pour eux : Charlie, Alice ; un film pour moi : « Sweeney Todd » et….on attend donc le suivant ….Frankenweenie le reboot !!!

Pour ceux qui veulent approfondir le sujet Burton, je vous conseille vivement la lecture du Hors-série Mad Movies édité le mois dernier, complet et lucide sur la carrière du bonhomme.

 

« L’imaginarium du Dr Parnassus » de Terry Gilliam (2009)

En DVD depuis le 2 avril.

Finalement je vais un peu me contredire mais quand j’y pense sérieusement en fronçant les sourcil, Terry Gilliam n’a jamais été un conteur au sens classique du terme, ces films tout en racontant des histoires passionnantes on toujours été un peu bordélique et si je devais faire court je dirais que Parnassus est tout aussi bordélique que le reste de la filmo de Gilliam mais un peu trop pour que l’histoire soit passionnante de bout en bout.

Cette histoire de trip faustien et de mondes parallèles imaginaires tient debout principalement grâce aux casting dément : la substitution de Heath Ledgerdans les scènes oniriques par Johnny DeppColin Farrell et Jude Law marche vraiment bien, la sublimement étrange Lily Cole envoute dès qu’elle apparait à l’écran, Andrew Garfield étonne et surprend comme dans « Boy A » et « Red Riding » et Christopher Plummer et Tom Waits dans leur ping pong des âmes sont savoureux au possible. Mais du coup qu’est ce qui cloche ? Et bien le rythme mes amis, très long a démarrer, le film trouve enfin son rythme aux deux tiers pas toujours avantagé par des effets spéciaux numériques assez kitch. Bref « L’imaginarium du Dr Parnassus » est un Gilliam pur jus mais quand même un peu chiant et très décousu. N’empêche que contrairement à Burton, Gilliam n’a pas vendu son cul aux sirènes d’Hollywood et même s’il n’est pas aussi génial qu’avant il reste fidèle à lui-même.

Les avis de nos fans :

Pour ma part, « Alice… » n’est qu’une énorme boursouflure sur pellicule, ennuyeux au possible, affreusement laid (CGI d’un autre temps, 3D approximative,…), avec des moments de ridicule abjects (Ah! La Reine blanche sous acide… Ah! Le combat avec le Dragon… Ah! La danse tektonik de Johnny Depp, dont le maquillage le rend semblable à celui de Madonna…). Bref, c’est immonde, mal foutu, chiant, abrutissant. Tim Burton retourne sa veste, et n’épouse même plus la cause de ces « Freaks » chers à son coeur! Disney a gagné, le réalisateur d' »Edward… » a perdu! Triste constat. Et c’est un fan absolu du bonhomme qui vous le dit. Ah oui, j’oublais: le score de Elfman est absolument époustouflant!Depuis combien d’années Burton rabâche-t-il son cinéma jusqu’à l’overdose de guimauve ? Tout ça pour échouer dans la nasse du CGI, qui plus est… Je trouve ça assez triste. Il était tellement inventif sur les Batman et autres Sleepy Hollow… Sa meilleure oeuvre restera Ed Wood et c’est déjà beaucoup. Quant à Gilliam, cet esthète… Que dire… Il a une filmo sympa, mais par trop statufiée de façon abusive au rang de culte… Mais après Las Vegas Parano, il a vraiment accumulé les incontinences cinématographiques. Ces deux-là n’ont plus rien à dire d’intéressant depuis longtemps, même si j’imagine Burton plus en mesure de nouveau surprendre à l’avenir que Gilliam.