Mr Proligère : Bonjour Jean-Marc Braconnier, comment résumeriez-vous votre parcours sportif étonnant ?

Jean-Marc Braconnier : Bonjour, disons que lorsqu'on a 19 ans et que l'on vient d'une famille de la classe moyenne, on a tout un monde qui s'ouvre à nous. Chacun décide de sa formation, j'ai choisi la mienne et je me suis inscrit au centre de formation de l'ASSE. J'avais déjà tapé dans un ballon, et je suis plutôt costaud et endurant. C'est vrai que la plupart de mes potes choisissaient un IUT informatique ou un DEUG de psycho... Vous vous doutez bien que ça n'a pas été simple au départ, mais je suis fait une place, et dès mes 21 ans, je jouais en D1.

strapontins
M P : Comment expliquez-vous que lorsque la plupart des jeunes sacrifient leur adolescence pour le ballon rond, vous déboulez à 19 ans et vous vous retrouvez 6 ans plus tard dans le club romain ?

J-M B : j'ai beaucoup regardé de matchs à la télé. Mon truc, c'est de regarder les joueurs qui n'ont pas le ballon, ça me permet de comprendre les tactiques de jeu, les positionnements, les systèmes. Lorsque vous sculptez dans la glace, vous vous consacrez à enlever ce qui est en trop, ce sont les parties qui ne sont pas en jeu qui sont les plus intéressantes. Après, j'ai fais mon chemin, comme tout le monde. Un peu de chance et de réussite, voilà la bonne recette.

M P : A ce propos, vous avez une technique qui échappe à tous les commentateurs sportifs. Vous pourriez nous l'expliquer ?

J-M B : Le truc, c'est que lorsque je défends, je regarde l'attaquant dans les yeux. Avec un petit sourire, c'est toujours un peu déstabilisant. Et ça me permet aussi de me concentrer sur son intention. Au football, si vous focalisez sur les mouvements du corps, qui sont ô combien trompeurs - les outils de la ruse ! vous perdez le contrôle. Dès lors que vous avez toute votre attention portée sur l'intellect de votre adversaire, vous le déchiffrez. Il a beau s'escrimer à tricoter, vous savez bien qu'au bout du compte son œil le trompera. Les meilleurs gardiens de but utilisent cette technique lors des tirs au but.

stade sauvage
M P : Quel regard portez-vous sur le football professionnel actuel ?

J-M B : Aucun. C'est un travail comme un autre, mis à part le fait qu'il ne dure qu'une dizaine d'années. Disons que c'est une façon sympathique d'entrer dans le monde du travail. Après, il y a les bons et les mauvais côté. Je pense me reconvertir dans les bibliothèques, j'aimerais beaucoup devenir bibliothécaire.

M P : Pour finir, auriez-vous un message à faire passer à ceux qui veulent se lancer dans l'aventure du football ?

J-M B : Bien sur, s'il en est un ce sera celui-ci : jouez au ballon.