"Star Trek" de J.J. Abrams (2009) : Surprise ?
Par Dick Laurent le mercredi 15 avril 2009, 11:15 - Cinéma et pacotilles - Lien permanent
Ce petit billet chers amis, à la demande de Marc Balta, pour vous faire partager mes impressions ressenties à la projection presse de Star Trek. N'étant pas Trekkie dans l'âme, loin s'en faut, je n'attendais rien de spécial de ce film. En revanche j'étais curieux de voir comment J.J. Abrams allait cette fois s'en sortir avec une nouvelle franchise, après son inintéressant Mission Impossible 3, qu'il a certainement dû avoir du mal à mener avec l'omnipotent Cruise derrière lui.
En salle le 6 mai.
Avec toutes les clés en mains, disons qu'il s'en est incomparablement mieux sorti avec Star Trek, film qui n'a à mon sens aucune autre prétention que de faire passer un bon moment et pourquoi pas parfois filer la banane. Mais sa réussite, fut d'abord, je dois le dire, un échec, car les 20 premières minutes sont catastrophiques. De l'intro lourdingue avec option lacrymal, jusqu'à la mise en place de Kirk (outrageusement et inutilement pompée sur "La Menace Fantôme", et le coup du gosse rebelle et génie avant l'heure) et de Spock (qui a dû filer des fistules au "Superman" de R. Donner), Abrams passe clairement à côté du début de son film, manquant d'imagination et de bollocks même.

Heureusement on n'a pas trop le temps de se décider à quitter la salle, vu qu'ensuite l'histoire et l'action lancent complètement le film. De la même façon, les acteurs semblent s'améliorer à mesure que les minutes passent, sauf pour Winona Ryder (dont on sent qu'Abrams voudrait la kiker, alors il lui offre un rôle pour la relancer. Le problème est que le rôle n'est pas adapté, qu'elle est vieillie à mauvais escient, donc ridicule). Les autres seconds rôles sont en revanche plutôt bien choisis, entre valeur sûre (Greenwood) et la jeune garde chargée de rappeler les McCoy, Chekov et autres Sulu, avec une mention spéciale à Simon Pegg en Scotty. Côté bad guy, Eric Bana qu'on reconnaît difficilement sous le maquillage, oscille entre le bon et le ridicule, mais s'il est parfois trahi par une mise en scène lorgnant vers "Battlefield Earth" et ses angles tordus, son histoire et les raisons de son destin de méchant en revanche sont assez bien vues.

J'en viens donc au scénario qui me paraît au final être le point fort du projet, transformant ce qui aurait dû donc être un mauvais nanar à 150 M de $ en une bonne surprise. Les scénaristes d'Abrams ont bien bossé, et, sans révéler trop avant le socle sur lequel repose l'histoire, leur grande inspiration aura été d'accorder à Leonard Nimoy un rôle conséquent, extrêmement bien écrit, trempant même dans le métaphysique: bref loin du caméo classique craint.

N'étant pas un connaisseur de l'univers Star Trek, j'ai certainement dû omettre des clins d'oeils ça et là que vous saurez mieux apprécier. C'est là l'intelligence du film de ne pas complètement trahir les spécialistes fanatiques tout en prônant l'ouverture à tous avec un spectacle bien branlé. A ce titre, l'autre point fort du film est technique: si les effets numériques ont dû parfois faire rire Lucas par l'outrance des références à Star Wars (la séquence entre Kirk et Nemo sur la plateforme, pompée sur celle entre Vader et Luke dans l'Empire), le vieux George a dû faire la gueule en voyant combien ils étaient beaux et bluffant, tant au niveau visuel que sonore (c'est pas du Lynch mais j'ai rarement été aussi impressionné par le son sur un block comme ça).

Par contre Abrams rejoint à égalité Lucas question mis en scène des rares combats homme à homme: il n'y arrivent pas. Manifestement Abrams s'en tamponne et ça se voit à l'écran, jusqu'au ridicule: lorsque Sulu sort son épée on se dit Yesss ! Et lorsqu'il s'en sert on est un peu gêné pour lui.
Mais là n'est pas l'essentiel, le film a bien ses défauts et ses mauvais tics, emprunte allègrement à d'autres oeuvres ("Empire Strikes Back"), mais les trouvailles scénaristiques et la gestion des persos contrebalancent sans problème. Et l'éclate est même parfois là, alors que demander de plus ?
Note : 4.5/6

Commentaires
Rhâââ Dicky, que demander de plus ? Mais tout le reste, bon sang !
Ca sent le bon film pop corn tout ça, ton billet résume bien mon impression suite à la vision de la bande annonce : un spectacle jouissif et hautement borderline a certains niveaux.
qui connait personnellement un trekkies
Allez, pop corn de l'espace, rien que pour oublier Battlestar. Hop, en voiture galactique.
Personnellement, je n'ai jamais été fan de Star Trek. Vraiment trop couillon à mon goût, presque aussi naze que les Star wars.
Provocateur, moi pareil pour Star Trek, mais là je sais pas ça a l'air fun et cool.
juste ça, c'est suffisant pour moi venant de JJ
Aucune provocation de ma part. Ayant revu les star Wars récemment, j'ai été pour le moins déstabilisé quant à la connerie ambiante qui sert de fil conducteur à ce navet. C'est une trilogie (je ne parle que de la trilogie) qui fonctionne sur le trompe-l'oeil. Effets spéciaux et bestiaire extraterrestre parfaits. Pour le reste, il y a de quoi rire. Une autre façon de faire du cinéma, certainement, avec des putains de raccourcis qui, si vous aviez découvert ce truc aujourd'hui, vous aurait fait pouffer. Mais ça a marqué l'histoire du cinéma, autant que la soupe aux choux, et ça je ne peux pas le nier.
Disons que là où Lucas est bluffant et en même temps gênant, c'est qu'il prend à droite à gauche, dans l'Histoire, les mythologies, les civilisations diverses et il en fait un milkshake. Un gros dessert dont on se gave car il est bon, mais qui finit par écoeurer. Tu parles de connerie ambiante, à quoi tu penses ? L'enjeu politique ? Au drâme familial grec ? Au côté chosen one ? La Force ? Tout ça n'est que conneries pour l'hermétique qui sommeille en toi et nous aussi, trentenaires, qui ont vu Autre chose, qui ne veulent pas mélanger space opera et SF pure. Mais on a grandi avec ce film comme d'autres, et il nous rappelle forcément de moment de joie qu'on cherche aussi à ressentir de nouveau aujourd'hui. Je crois qu'il est assez légitime de vouloir avoir de nouveau 10 ans pendant deux heures. Et Lucas comme Spielberg (à qui j'en voudrais toute ma vie à mort pour Indy 4) et d'autres ont réussi à faire rêver. Trouve moi leur équivalent pour les mômes d'aujourd'hui. Tu dis à juste titre que si nous avions découvert ce truc aujourd'hui, ça nous aurait fait pouffer. Mais ces films ne s'adressent pas à nous aujourd'hui, mais à nous il y a 25 ans. Ceci dit (Brahim), à mon sens un gamin devant l'empire, le temple maudit ou retour vers le futur, bloquera devant sa télé parce que ça fonctionne. C'est certes désuet, parfois ridiculement con et kitsch, mais ça marche. Comme la Soupe aux choux que je considère comme la plus grande gaudriolle païenne française de tous les temps. J'aime ce film presque autant que les Galettes. C'est dire.
Putain, j'ai les boules, je suis d'accord avec ce que tu dis...
Putain, j'ai les boules moi aussi, Marilyn Chambers est morte, grande dans Rage, immense dans insatiable. La porte verte s'est définitivement fermée...Rip...
Soudain je pense à la détresse de Ron Jeremy et Roberto Malone...
En plus on sait toujours pas de quoi elle est morte Marylin...seule dans son mobile home...un peu glauque tout ça. Sautons sur l'autre sujet de la soirée. D'accord avec Dick sur Star Wars, j'ai revu la vieille trilogie y'a pas longtemps et c'était vraiment bon (j'ai une capacité assez phénoménale à redevenir un gamin de 10 ans)...merde même quand c'est un peu juste y'a toujours Han Solo pour refaire pencher le film du bon côté (de la force).
Je ne parlerai pas de la trilogie récente qui est juste du gros purin pour moi.
Quand à la Soupe au choux c'est évidemment le meilleur film de SF français.
Tu l'as dit l'glaude ! Ca vaut ben un perniflard tout ça !
J'ai pris un bon pied. Un space opera bien rythmé, point trop lourdingue, scenario alambiqué à souhait, ça roule.
Le bouzin digère quand même pas trop mal une somme incroyable de références (entre les Star Wars anciens et nouveaux, les Twohy, les jeux video, Battlestar et je parle pas de Star Trek).
Un bon pied.
Pareil pour moi, un sacré pied, à peine dérangé par des scènes de baston coprs à corps illisibles. Je me rallie donc sans problème à la critique de Dick et à l'avis de JB. Ca faisait très très très longtemps qu'un space opéra de ce niveau n'avait atterri sur nos écrans. La suite...la suite...
Bon, je vais encore passer pour un pisse froid, mais franchement ce STAR TREK et son réalisateur m'ont passablement laissé de marbre.
Comme dans MI3, JJ ABRAHMS confirme qu'il ne sait conférer aucune amplitude à ses séquences spectaculaires (suffit pas de faire un plan large + fx pour provoquer le waouh) comme intimistes (suffit pas d'un champ contre champ + valeur à deux pour insuffler l'émotion). Le mec est sympathique, regorge d'idées sympa mais, je suis désolé, ça ne suffit pas à emballer votre serviteur !
Les doigts dans le nez et fébrile à l'idée de me taper un grand space opera, j'ai eu vaguement l'impression de regarder d'un oeil, parce que l'autre faisait autre chose, le pilote à gros budget d'une série T.V (dans ce sens c'est réussi me souffle Jean Paul) mais Diable, quel manque d'ambition bordel quand on compte le nombre de dollars à l'écran, quel scénario scolaire (vaisseau gentil, vaisseau méchant, vaisseau gentil où on se marre et où on est hot saucisse, vaisseau méchant où on est vraiment méchant et où il fait humide et vert et sale et profond) et quelle musique fadasse (comment ont il pu se passer de Cyrod ?)... Et je ne parle même pas de la platitude de l'interprétation (Leonard Nimoy excepté dont le talent est presque choquant dans le marasme ambiant du coup ils en abusent et nous refourgue le vieux dans 3 séquences après qu'il ait dit :IT'S NOT MY DESTINY TO FOLLOW YOU). Gosh, si c'est pas ton destin tu restes dans la glace et on en parle plus Papy ! Viens pas faire du rab et raconter que ta mère est Winona Ryder!
Bref, j'aurai largement pu le voir sur ma télé (enfin, celle de Ramou qui aurait été tellement meilleur en Captain Kirk avec SebB en Spock) et ferait de même pour les suites.
Critique très drôle, y'a du vrai même si je suis pas d'accord.
tiens, j'ai vu Star Trek hier soir. Et ça m"a fait sourire, ce qui est un bon point, non ? Bon, ça casse pas trois pattes à un canard, mais le cahier des charges est rempli.