On attendait ce retour au source depuis le formidablement bordélique "Army of darkness", troisième volet d'Evil Dead sorti il y a plus de 15 ans...on avait quand même peur que la nouvelle soupe sente le rance et le préfabriqué....que dalle..."Jusqu'en enfer" tient toutes ses promesses, jusque celle annoncée dans son titre.
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Fidèle à son esprit de trublion de l'horreur, Sam Raimi sur fond d'une réflexion sur la crise du moment, tricote une histoire de malédiction : une jeune banquière coincée entre son ambition et le désir d'aider son prochain (la sublime Alison Lohman) fait un mauvais choix en refusant un prêt à une vieille gitane qui humiliée lui jette un sort aromatisé au démon Lamia (un bouc malfaisant).....brrrr....esprits malins, maléfice et vieille légende voilà un environnement que Sam Raimi connait bien et comme à son habitude il développe cette histoire avec un style fringuant, jonglant entre coups de flippe et coups de rire grinçants. Pour la peine, Sam Raimi démontre qu'il n'a pas perdu son savoir faire et remet une bonne claque a ceux (dont je fais partie) qui ont grandi avec "Evil Dead". "Jusqu'en enfer" remet aussi avec brio le slapstick-horror au gout du jour, vu que le dernier représentant emballant de ce genre était le formidable "Fantômes contre fantômes" de Peter Jackson qui date de 1996, mais on sent aussi chez Raimi le besoin de tourner la page après son "Spiderman 3" assez mal reçu et de surtout de fermer le clapet à ceux qui gueulaient sur tous les toits que l'ami Sam avait la tête comme une pastèque depuis ses derniers succès. La réception publique mitigée mais correct de "Jusqu'en enfer" et son succès critique devraient rééquilibrer la balance , logiquement on l'espère le prochain Spiderman retrouvera peut être la jeunesse et la fraicheur du second volet, mais bon là je m'égare !
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Parce que "Jusqu'en enfer" justement n'est pas qu'un pied de nez de Sam Raimi à ses détracteurs, ce qui pourrait juste rendre sa démarche cynique, c'est avant tout un authentique bout de péloche fait avec les tripes, où on sent que chaque acteur ou technicien à pris son pied en y participant, par exemple Justin Long en petit ami de Alison Lohman est assez bluffant comparé à sa triste prestation dans le dernier "Die hard", on se dit que sortir du format blockbuster a dû faire un bien fou à tout le monde et permettre à chacun de retrouver un peu de foi et crédibilité dans son métier.
drag_me_3.jpg Avant de conclure je me permets quand même de faire un peu la fine bouche en disant que "jusqu'en enfer" va tellement vite qu'on a à peine le temps de savourer une séquence qu'une autre aussi dingo enchaine derrière, laissant peu de place à la respiration. Évidemment voir ce film en plein milieu de l'après midi, seul dans une salle géante, tue un peu le charme du cérémonial affilié à ce genre de film qui nécessite au moins un pote, au minimum un pack de bière et plusieurs paquet de chips...j'attends déjà ma revanche prochaine sur le film qui du coup n'écope pas de la note maxi qu'il devrait bientôt mériter malgré des séquences déjà cultes qui ont imprimé ma rétine (la séance d'exorcisme, le repas chez les beaux parents, le geyser de sang....) !

Note : 4.5/6
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