"AVATAR" de James Cameron : La critique de Dick Laurent
Par Shystrak(1/2) le jeudi 17 décembre 2009, 00:22 - Cinéma et pacotilles - Lien permanent
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Le film le plus attendu de 2009 est-il donc le meilleur de l’année, voire de la décennie qui s’achèvent ? Probablement pas. Mais le « jamais vu auparavant à l’écran » est bien au rendez-vous et le plaisir s’avère de tous les instants. Ouf.
En salles depuis le 16 décembre.
Douze ans après "Titanic", et le raz de marée cinématographique qui l’a sacré, selon ses dires « king of the world », James Cameron remet sa couronne en jeu avec "Avatar", un projet pharaonique (300 millions de dollars de budget officiellement, 500 avance le New York Times) long de plusieurs années, et annoncé aujourd’hui comme révolutionnaire. Techniquement, visuellement, le film l’est sans aucun doute, tant la mise en scène est d’une maîtrise ahurissante, tant la profusion de spectaculaire inonde l’écran, tout en donnant l’impression que ce que l’on voit est réel.
En sortant du film, encore groggy par le jet lag consécutif aux 2h40 du trip offert par Cameron, on est persuadé que la lune Pandora existe bel et bien. On croit au miracle des montagnes suspendues, à la beauté de la flore luxuriante éclairée par les aurores boréales, au danger de la faune extra-terrestre et à l’existence harmonieuse des Na’vis. D’abord dérouté par l’esthétique virtuelle de ces bipèdes bleus, on est vite ébloui par le réalisme de leurs mouvements puis presque aussitôt pris d’émotion pour eux, car Cameron les filme avec la conviction d’être face à des êtres vivants. Il pose le même regard sur tous ses acteurs, qu’ils portent une combinaison en motion capture ou qu’ils soient costumés.
L’intention est tellement sincère qu’elle transparaît à l’écran. Jamais l’usage du fond vert virtuel n’a autant donné l’impression de réel. Tout simplement parce qu’au delà de son talent infini de cinéaste, James Cameron a pris le parti –comme dans Titanic- de raconter avec des moyens colossaux une histoire simple, à l’impact universel imparable. Jake Sully (Sam Worthington), un ex-marine paraplégique, est envoyé en mission sur Pandora, où les hommes cherchent à exploiter un minerai qui pourrait solutionner la crise énergétique sur Terre. Il est chargé d’infiltrer le peuple Na’vis, en contrôlant par la pensée un avatar créé à partir de l’ADN de ces autochtones, soucieux de préserver leur environnement. Non content de tomber amoureux d’une indigène, il vivra une expérience initiatique tellement forte et bouleversante qu’il changera évidemment de camp au moment d’une guerre inéluctable. Limpide et presque obsolète, le scénario fait à la fois écho à Pocahontas et Princesse Mononoké, dans son histoire d’amour et son penchant écolo, tout en évitant de se perdre dans des réflexions superflues.
Toutefois, on peut voir en les Na’vis l’incarnation futuriste des indiens chassés en leur temps par les Américains, dont la barbarie et la propension impérialiste restent, elles, très contemporaines. En outre, la technologie des machines reste une obsession majeure chez le réalisateur. Preuve en est, il ressort quasiment le même modèle de robot, qui avait permis à Ripley (Sigourney Weaver) de venir à bout de la bête dans "Aliens". Mais cette fois, c’est bien la créature en son élément qui viendra à bout de cette machine, désormais contrôlée par un militaire forcené. Derrière ce clin d’œil à sa propre filmographie, on devine évidemment le plaidoyer de l’artiste en faveur d’une technologie au service de la science et non de la guerre. Reste que l’opposition entre les machines et les Na’vis donne justement lieu à de vertigineuses séquences d’action qui rappellent à quel point Cameron demeure un des plus grands, voire le meilleur, réalisateur en la matière. Comme pour "Titanic", le Canadien a d’ores et déjà gagné son pari technique et artistique. Il mérite que le public le suive à nouveau.
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Commentaires
"son talent infini de cinéaste"
Mmh...
J'ai vraiment hâte de le voir maintenant que j'ai lu ton joli billet. L'envie à pris le pas sur la curiosité.
D'accord à 99% avec Dick. (le 1%, c'est pour complaire à Cyr).
C'est vraiment merveilleux.
J'ai retrouvé au cinoche le plaisir que je n'avais jamais connu qu'à la lecture des grands récits de SF : l'immersion totale dans un univers fabuleux.
Rien à redire sur la mise en scène, parfaite.
Rien à redire sur la direction artistique, bluffante.
Rien à redire sur les effets spéciaux, éblouissants.
C'est du spectacle, et on y croit (clin d'oeil à post-modern-snyder-fan-marc-balta).
oui, le billet du sieur Laurent donne envie. Mais qu'en est-il de la série des "rien à dire" ? Ne manque-t-il pas un point important ? Je vous laisse le découvrir.
J'en sors tout juste et l'expérience est visuellement hallucinante voir carrément révolutionnaire.
Du super grand spectacle beau et intelligent, même si un peu manichéen (voir complètement)et saupoudré de quelques fautes de goût (James Horner fatigué et toujours ce putain morceau de fin abominable comme dans Titanic).
Mais bon le cinéma du futur quand même
Je plussoie !!! Des personnages charismatiques, des décors somptueux, un scénario naïf mais bouleversant, des incartades spirituelles empruntées au folklore indien et au chamanisme, le tout dans un maelström d'action et d'émotion intense... Une véritable réussite, sublimée par la mise en scène ample et lyrique de James Cameron... Un grand moment de cinéma, assurément...
bon, ben passe-moi tes lunettes 3D, alors. Content de te revoir parmi nous, Jaynesis.
Tout le plaisir est pour moi...
Très beau film, très immersif grâce à la richesse de l'univers créé(bestiaire, faune, langage...)ainsi qu'à la bonne utilisation de la 3D. Le scénario est simple, un peu cousu de fil blanc mais se suit avec grand plaisir, les persos étant fortement définis. Un film sauvage, martial et poétique à la fois, Totoro aime, Totoro conseille!
Totoro a bon goût...
Un film révolutionnaire qui fera certainement date dans l'histoire du cinéma. Tout comme l'odysée de l'espace l'a fait, Avatar révolutionne la science-fiction mais marque également un nouveau départ pour la cinématographie. Sur ce, avatar est un petit bijoux qu'il faut savoir apprécier tel un voyageur qui découvre de nouveau paysage. Je conçois que ceux qui ne savent ( malheureusement ) pas se transporter, puissent trouver le film décevant, le scénario est certes classique. La morale est également un peu trop poussée. Seulement on ne peut qu'oublier ces 2 lacunes devant tant de beauté visuelle. Un moment féérique.
Bon, errant un peu sur la mole au lieu de travailler sur mon scénario, j'ai quand même envie de faire mon rabat joie :
Je sais très bien me transporter dans un film et j'y ai mis le coeur, mais Avatar est sans doute le film le moins interessant de Cameron selon moi. Tout ce temps et tout cet argent pour ça (d'ailleurs je ne vois pas où son passé les 500 000 000 de dollars) Question scénario, j'ai cru voir une compilation de tous ses films précédents, une histoire ne laissant place a aucunes surprises, mais absoluement aucune.
L'univers de Myazaki dépouillé avec nettement moins de talent et de fond, c'est peut être pour ça que le film est en relief...
Je crois que Cameron a engagé tellement d'argent qu'il a fini par avoir peur de le perdre, d'où une prise de risque proche de zero ( gros sentiments, gros effets visuels, gros badaboum, etc... Bref du lourd dans tous les sens du terme )
Alors, si le seul interêt de ce film c'est la 3D, je vous prédis qu'il y aura très bientôt beaucoup de films en 3D bien meilleur à l'avenir...
Donc contrairement au message au dessus du miens, il n'y a absoluement rien de révolutionnaire dans Avatar, et on est très très loin d'arriver à la cheville de 2001... D'après moi, je vous le prédis, tout ça retombera comme un soufflet et on pensera à Avatar dans 10 ans comme on pense à TRON aujourd'hui, une porte à été ouverte, mais je ne suis pas sûr que l'avenir du cinéma, c'est la 3D... enfin, je l'espère très fort...
toi et moi on se comprend !)
Rhoo les mecs !
Question pognon, aucun film d'est défendable, si on compare le budget (même minimum) d'un film à la faim dans le monde. Hop, ce débat-là est clos.
Question scénario, je pense que tout le monde est d'accord pour dire que c'est à la fois originalité zéro, profondeur pas loin de zéro et (mais) construction très efficace.
Je suis de ceux qui pensent que ce dernier argument est plus important qu'aucun autre.
Avec cette base-là, sûr que son histoire tiendra la route malgré les grincheux (niark), Cameron filme très simplement son récit et ses personnages et concentre sa mise en scène ailleurs que sur l'histoire : sur le monde qu'il recrée, et sur le vertige absolu d'une immersion dans un monde physique neuf/merveilleux/imaginaire/... avec le concours de la 3D et des spechial effekteusses.
Et ce qu'il réussit alors, aucun doute pour moi que ça en fait un putain d'événement dans l'histoire du cinéma.
Après, à mon avis, rentrer dans un film, adhérer à une fiction, c'est pas une question de volonté ou de savoir. Je crois que c'est très trivialement une question de disponibilité et de circonstance. Et alors là, c'est la roulotte !
j'aime beaucoup cette mauvaise foi, jibé !!
Non mais fondamentalement, j'ai toujours adoré plonger dans les univers imaginaires de la science-fiction et c'est la première fois que je retrouve la même possibilité d'immersion au cinéma qu'en littérature.
Bonne mauvaise foi, donc.
as-tu vu ce petit détournement :
http://www.thedailybeast.com/video/...
?
autre détournement sympa :
http://www.newgrounds.com/portal/vi...
éloignez les enfants de l'écran !
le deuxième est plus drôle
le premier n'est pas censé l'être
http://www.koreus.com/video/bande-a...
Celle-là est ma préférée !!