Une fois n'est pas coutume je vais parler de ces films du meilleur au moins bon, histoire de faire travailler le suspense scolaire.

"The Lovely Bones" de Peter Jackson (2010)*****
lovely.jpg
En salles depuis le 10 février.

Si ce n'est nos amis indécrottables de Mad Movies, le dernier Peter Jackson s'est fait défoncer d'un peu partout et toujours ou jamais impossible de savoir si c'est par snobisme pur ou par mépris. "The lovely bones" est le premier vrai film mal aimé du barbu néo-zélandais et suffit de jeter un coup d'oeil sur ses résultats au box office pour comprendre que le public et la critique l'ont joué solidaire sur ce coup là : 250 000 entrée au bout de 2 semaines dans notre beau pays et 43 millions de dollars au Etats Unis. En même temps au vu de l'aspect anti-blockbuster et de son sujet sensible (le meurtre d'une adolescente), on peut se dire que c'est plutôt pas trop mal. Avec le succès de "District 9" en poche, Peter Jackson peut se permettre sans problème ce genre d'écart. Quant au film et bien c'est un objet étrange, un des plus beaux de son auteur, porté par un casting magnifique de bout en bout, traverser par des fulgurances de mise en scène (la séquence du parquet...) estomaquantes. Mais "The Lovely Bones" ça parle de quoi ? Et bien c'est l'histoire d'une jeune fille assassinée de 14 ans qui, depuis l'au-delà, observe sa famille sous le choc de sa disparition et surveille son meurtrier, ainsi que la progression de l'enquête.... Donc un sujet sensible et traitement pour le moins non-conventionnel de Peter Jackson qui utilise le montage parallèle comme fondement de sa narration, alternant les visions des limbes de Susie (à la frontière du kitch par moments mais toujours bouleversantes) et l'horreur du deuil pour les uns et le quotidien morbide du voisin/tueur.
Jusque dans son final refusant la facilité vigilante que son sujet pourrait laisser présager, "The lovely bones" reste un film pas comme les autres, honnête et courageux qui à la manière de "The Fountain" d'Aronofsky, laisse certains sur la bas côté et transportent les autres comme jamais. Pour moi dès les premières notes de la bande son de Brian Eno ouvrant le film j'ai été conquis !
lovely_1.jpg
"Wolfman" de Joe Johnston (2010)****
wolfman.jpg
En salles depuis le 10 février 2010

Repoussé, remonté, reshooté..."The Wolfman" est arrivé sur nos écrans y'a 15 jours avec une petite réputation de film maudit, nantit d'un budget lourdos avoisinant les 150 millions de dollars, pour un film classé R, c'est un petit suicide commercial, qui pour le moment se vérifie car pour l'instant le film est loin de rembourser sa mise au box office. Mais assez parlé d'argent parlons de cinéma et "Wolfman" malgré la réputation de yes man de son réalisateur en dégage beaucoup et du bon, voir très bon par moment. Sans chercher à remoderniser à tout prix le mythe du loup garou, Joe Johnston livre une vision gothique à l'anglaise de la légende en rendant hommage aux classiques du genre par une ambiance visuelle et musicale renvoyant directement aux chef d'œuvres gothiques de la Hammer et de Mario Bava (on croirait entendre par moments dans la musique de Danny Elfman, des accords du "Corps et le fouet" de Mario Bava). "Wolfman" fait donc simple et efficace, croisant la lycantropie avec une histoire d'amour impossible avec un premier degré presque désuet. Et c'est ça qui fait le charme de "Wolfman" sa croyance presque aveugle dans un déroulement à l'ancienne de son histoire. Ce qui presque presque tout le temps surtout a chaque apparition d'Anthony Hopkins, impérial et froid au point d'en devenir hypnotisant. Le reste de l'interprétation n'est pas en reste, Benicio Del Toro est sobre donc parfait, Emily Blunt a cette beauté étrange qui fascine et qui sied bien à l'époque et coup de cœur pour Hugo Weaving en Détective Aberdine qui porte en lui toute la mythologie criminelle de l'époque (Jack l'Éventreur en tête). "Wolfman" aurait donc pu être une tuerie si on avait pas l'impression qu'on a essayé de faire rentrer un film de 2h en 1h30 et que certaines scènes d'actions et de transformation même si impressionnante font un peu bouboule de poil, mais bon c'est aussi le charme du film, cet envie presque têtu de faire un film comme dans les années 50-60, 1h20 de durée et une croyance totale dans son mythe à en faire oublier ses grossièretés. Une bonne série B !
wolfman2.jpg
"REC 2" de Jaume Balaguero et Paco Plaza (2009) ***
rec2.jpg
Sortie en salles le 23 décembre 2009, et le 25 mai 2010 en DVD

On peut casser du sucre autant qu'on veut sur le premier "REC" mais personne ne peut nier que la bête était efficace et apportait un souffle nouveau à l'ère des infectés ou zombie. Pas le meilleur FPM à mon goût mais un des plus efficace et stressant. D'autant plus qu'a à le re-vision sur petit écran, le film des 2 compères ibériques marchait du tonnerre. Face à succès, pour la première fois de leur carrière, Bajaguero et Plaza se sont laissé charmer par les sirènes de la séquelle. Dispensable à mon goût, je n'ai quand même pas pu m'empêcher d'avoir un peu d'espoir vu que les auteurs et les quelques artciles de presse parlait d'une suite en mode "Aliens". Le début du film laisse présager cette direction sans sourciller. Une équipe du GIGN armée jusqu'aux dents et équipée de petite caméra sur leurs casques accompagne un scientifique dans l'immeuble maudit du premier film. Bref "REC 2" commence là ou "REC" se terminait. La première partie après un départ un peu mou, devient vraiment efficace plus elle s'enfonce dans les mystères soulevés dans la fin du premier film, bouleversant radicalement le pourquoi de l"infection en injectant un dose d"exorcisme" dans les affaires de l'immeuble condamné. Alors qu'on est à fond les ballons avec ce qu'il reste de l'équipe, le film passe à sa deuxième partie narrative et se focalise sur une bande de jeune cake accrocs aux vidéos You Tube et compagnie. A la recherche du scoop teubé qui les fera kiffer, il arrive à pénétrer dans l'immeuble et foute une peu la merde. Là le film s'épuise un peu avant de repartir de plus belle quand les groupes de survivant de la partie 1 et 2 et se rejoignent. "REC 2" moins bandant que "REC", pour sûr même si Balaguero et Plaza font preuve d'ingéniosité dans leur mise en scène, alternant les points de vue de caméra avec brio sans qu'aucun ne soit gratis. Mais en définitive malgré ce brio, le film ne marque pas, faute à des personnages trop peu intéressants. Sympa mais pas du tout unforgetable.
rec22.jpg
"La horde" de Yannick Dahan et Benjamin Rocher (2010) **3/4
hordeaff.jpg
En salles depuis le 10 février

Pas évident de parler d'un film en lequel j'ai misé tant d'espoir, faut dire que mon long métrage de zombie qui dort dans un tiroir ne vient pas arranger les choses. Si "La horde" réussissait son pari, gagner le public français avec un premier film français de zombie de qualité, les portes du cinéma français s'ouvriraient enfin complètement à l'horreur et au cinéma de genre. Bref on a suffisamment débattu de tout ça ici. Passons au verdict et bon vous l'aurez devinez il n'est pas que positif loin de là. "La horde" est un film maladroit, bancal, foireux pas moments mais aussi badasss à souhait, supra gore, jouissif par moments et toujours généreux. Par contre comme souvent par chez nous le jeu des acteurs ne suit pas (sauf le tordant papy Yves Pignot dont l'apparition sauve le film) et la mise en scène est souvent à la ramasse, le montage n'aidant pas, certains moments étant tellement illisible et bordélique que j'ai du pensez à l'abominable "Frontières" plus d'une fois pendant 1h30 une dure "la horde". Et ça, ça craint du boudin, surtout quand on a Yannick Dahan à la mise en scène, cet homme qui a lire et a écouter parler de cinéma et de mise en scène est un bonheur pur et simple, un vrai copain de cinéma ! Et là c'est l'incompréhension totale face à certains choix. Mais bon ne tirons pas trop sur "La horde" qui ne dépassera pas les 100 000 entrées France et qui est dors et déjà un échec pour l'horreur en France même si on est droit de croire que l'étranger ne voit pas les choses de cette manière, vu la cotes des frenchy en ce moment. Mais bon au final on se dit que "La horde" sera le film parfait pour un samedi soir pizza bière entre potes et qu'il devrait se bonifier avec le temps. Espoir, espoir....tu nous fais vivre !
horde2.jpg
"Twilight - Chapitre 2 : tentation" de Christ Weitz (2009) 0,5
new_moon.jpg
En DVD le 24 mars 2010

Je n'avais pas trouvé utile de parler du premier volume sur ce blog, mais là ça commence a bien faire, je me dois donc aujourd'hui de tirer sur l'ambulance à coup de lance roquette. Même si je n'étais pas allé au bout du premier, le début de l'histoire et certaines qualités artistiques indéniables (la photographie entre autre) faisaient passer la pilule. Alors que là, on prend les même et on recommence, un soupçon de loup garou par ici et beaucoup de mecs torses nus par là (chaque occasion fumeuse est bonne, tu saignes du nez paf j'enlève mon tee shirt même s'il fait -10) , Bella supra chiante qu'elle mériterait que son neuneu de père abrège ses souffrances au fusil de chasse, que neni...l'homme subit comme nous, la pauvre déprime de la donzelle depuis que son blanchâtre ami (Robert "j'ai pris une porte dans la tronche" Pattison) l'a quitté pour une raison supra-fumeuse. Car là est le trou noir du film, les arguments narratives et motivations des personnages qui vont mouvoir l'histoire, autant les uns que les autres sont fins comme une feuille OCB voir inexistants. Le vide, on le sais dans le cinéma est comme un virus et là il bouffe tout, même les personnages plutôt sympa que le film développe (Taylor Lautner en Jacob s'en sort pas mal et son personnage est de loin de le plus fouillé du film).
Déjà "The Golden Compass" souffrait de ce manque de cohésion entre les séquences, comme si le montage tire la chasse sur certains moments, Ici la méchante vampire qui veut tué Bella passe juste aux chiottes alors qu'elle représentait la planche de salut du film en terme d'intérêt. Bref si ce n'est quelques moments musicaux du film (Thom Yorke, Grizzly bear d'où le 0.5), ce film est une grosse bouse de mièvrerie débile et sans aucune originalité, et je me mets à la place de David Slade qui a dû pleurer des larmes de sang en voyant ce après quoi il doit passer...le doué réalisateur de "30 jours de nuit" doit donc s'arracher le peu de cheveux qu'il reste, pour savoir comment il va sauver les meubles de cette franchise qui prend l'eau avec une vraie odeur de caca ! Rendez vous le 7 juillet en salles pour le troisième volet "Eclipse", Je sais que la moitié des teenages abrutis par le romantisme à deux balles y seront. Moi je serais devant ma Tv en train de m'éclater devant le saison 3 de "True Blood" où la au moins ça BAISE !
new_moon2.jpg