L'affiche et les quelques images nourrissent depuis le mini buzz concernant cet objet culte d'avance (?) et étrange. Le dernier festival de Gerardmer a fini pas enfoncer le clou de l'envie en présentant le film et les réactions positives (malgré le copinage de l'équipe du film avec ceux de Mad) dont celle étonnante de Wade Wilson, on fait qu'aujourd'hui j'ai vu "Amer" et que maintenant je dois absolument vous en parler.
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"Amer" comme son affiche l'annonce est un hommage direct au Giallo italien des années 60-70, mais alors qu'on pouvait s'attendre à la classique enquête sur qui est le tueur au rasoir et aux gants noirs, le film vient contredire très vite ce que son générique magnifique en split screen sublimé par la musique de Bruno Nicolai pouvait annoncer.
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"Amer" est un trip sonore et visuel comme on en voit rarement, comme un giallo qui n'aurait gardé que ses moments d'abstractions visuelles, on pense au cinéma de Philippe Grandrieux et aussi au films de Kurt Kren chez les actionnistes viennois, dans cette manière de raconter une histoire en vidant le narration classique et en travaillant uniquement les sensations pour conduire le spectateur vers le sujet du film Qui comme dans tout bon Giallo est nourrit de Eros et Tatanos, de rapport mère-fille mal digéré et donc aussi de mort mal digéré.
amer1.jpg Construit en 3 actes et un épilogue, "Amer" est vraiment impressionnant dans la première partie (la meilleure) avec cette petite fille passant de pièce en pièce dans une grande maison du sud, où la mort, le sexe et une vieille sorcière endeuillé errent. Pour cette partie Bruno Forzani et Hélène Cattet tirent clairement leur inspiration du sketch "la goutte d'eau" de Mario Bava qu'on retrouve dans "Les 3 visages de la peur" en greffant dessus une mise en scène truffés de macro, d'inserts, de jeux de lumières (le rouge et vert sont rois) et de cadrages issues du meilleur de Dario Argento (les murs et la maison de "Profondo Rosso", l'oeil de"le chat à neuf queues" et les plafonds et gémissements de "Suspiria").
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Les autres parties suivent l'évolution de la petite fille, de son passage à l'adolescente allumeuse giflée par sa mère (autre acte fondateur), aux retrouvailles fantasmatiques avec la maison d'enfance, ces deux dernières parties sont un magnifique hommage au sublime "l'Etrange vice de Mrs Ward" de Sergio Martino, où sexe et mort ne font qu'un habillé de noir. L'épilogue clôt logiquement et brillamment le film et ses 1h30 pour laisser le générique rouge sur noir se lancer sur une morceau phare de Stelvio Cipriani.
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"Amer" est donc une vraie expérience de cinéma, au sens expérimentale du terme, visuellement le film est magnifique et diaboliquement inspiré, les cadrages sont hallucinants de précision, la photographie m'a fait rêvé et le travail sonore est tout juste démentiel. Malgré tout "Amer" n'est pas parfait, le rythme particulier et les redondances peuvent vous pousser dans les bras de Morphée à plusieurs reprises (en troubler vos rêves) et on aurait aimé aussi que l'audace soit aussi musicale que sonore car malgré les 5-6 morceaux supers bien choisis qui illustrent le film par moment (surtout dans les ouvertures et fermetures de chapitre), pour que l'attention soit maximale, une création musicale originale aurait été la bienvenue...mais bon vu le travail de forcené accomplie par l'équipe d'"Amer", on va pas trop leur jeter la pierre.
Voilà donc "Amer" est le premier giallo 100 % expérimental (avec peut être "La mort dans l'oeuf" de Giulio Questi), on peut le trouver chiant par moment mais le film de Bruno Forzani et Hélène Cattet reste brillant !

Note : 4.5/6

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