Je sais que cette phrase peut choquer la plupart d'entre vous mais je ne peux pas faire l'autruche, j'ai rigoler à m'en péter les côtes, 80% du temps pour de mauvaises raisons.
"Cinéman" raconte l'histoire d'un prof de math nommé Regis qui suite à la découverte d'une broche à l'image de Sisi la comtesse, acquière le pouvoir de passer de film en film (Zorro, Tarzan, Barry Lyndon, Orange mécanique, Pour une poignée de dollars etc…) pour sauver la belle des griffes du méchant …. . Dans le rôle du passeur qui va l'aider dans ses aventures le grand Pierre Richard.
cineman1.jpg Bref une idée sympathique qui dans les mains d"un bon réalisateur pourrait donner un joli film et qui dans les mains de Yann Moix devient un grand n'importe quoi si con et surréaliste qu'il en devient jouissif. Post synchronisé n'importe comment, on ressent tout de long que le rôle de Régis n'a pas été écrit pour Dubosc mais pour le très bon Benoît Poelvoorde.
Ce premier faux raccord image ajouté à ceux du son créent un décalage étrange qui fait au bout d'un moment retomber le film sur ses pattes cassées. Clairement après un bon quart d'heure pénible et se complaisant dans la nullité la plus totale, mon cerveau de spectateur s'est calé sur une fréquence alternative autre que celle de l'intention du réalisateur et là c'est devenu magiquement nul et drôle, touché même par la grâce dans quelques séquences, d'une celle de Robin des bois, ridicule et speed, deuxièmement la séquence du combat Tarzan / panthère tellement con qu'elle est à pleurer de rire, puis après un tunnel de douleur, la magie opère une troisième fois mais dans l'autre sens avec la séquence de duel à l'épée hommage à "Duellistes" de Ridley Scott, techniquement impeccable, le combat est efficace, violent et presque dramatique, et surtout soutenu par un morceau composé de break de batterie assez énorme. Cette séquence complètement faux raccord s'enchaine avec un n'importe quoi poétique presque beau ("l'aurore" !!!).
cineman2.jpg Autre moment qui aurait été épatant si l'intention avait été bonne et donc drôle, l'hommage au western spaghetti complètement schizophrène, hallucinant de fidélité dans sa reconstitution technique mais à côté de la plaque dans les dialogues et les situations, ces moments là enterrent complètement tout le "Lucky Luke" de James Huth (au passage ce film est un des pires que j'ai vu de ma vie, il devrait s'appeler DOULEUR). Encore une fois "Cinéman" réussit à être drôle mais encore pour de mauvaises raisons.
Malgré tout par moments notre raison nous quitte et on finit par se dire que c'est fait exprès et que nos rires sont synchronisés avec la comédie, mais ce n'est qu'illusion, car à chaque retour à la réalité du film (Régis prof de math), la direction artistique complètement foireuse et le jeu de Dubosc en freestyle (qui n'a pas les épaules pour ce rôle), nous rappelle que Yann Moix ne maitrise plus rien que son film c'est foutu en aléatoire malgré lui, pour son plus grand malheur (le film a fait un four) mais pour notre plus grand bonheur (les Zaz qui rencontre Bruno Mattei malgré eux).
cineman4.jpg Et oui en aléatoire les amis ! J'ai donc mis cette idée en pratique avec Ramou et nous avons zappé dans le film comme si on avait activé la touche "Shuffle" et ça marche ! En zappant de chapitre en chapitre, un coup en avant, un coup en arrière, le film prend tout son sens et devient le premier film de connerie française à pouvoir se voir en aléatoire (j'insiste car c'est fabuleux), bref "Cinéman" n'a étrangement pas sa place dans les cinémas mais bien plus dans un galerie d'art contemporain, Douglas Gordon n'aurait pas fait aussi drôle j'en suis sûr !
cineman3.jpg Face à un ratage si hilarant on se prend à rêver de ce qu'aurait pu être une éventuelle version américaine du film, avec Will Ferrell dans le rôle de Dubosc, Ben Stiller dans le rôle de Pierre François Martin-Laval (ici complètement à côté de ses pompes, foirant toutes ses scènes) et Adam McKay à la réalisation, rien que d'y penser pendant le film j'hurlais de rire ! Pour finir saluons la bande son du film tout simplement énorme…voilà c'est dit, c'est écrit, c'est gravé dans le marbre, j'ai beaucoup ri pendant "Cinéman"

Note : de 0 à 5 en mode aléatoire