Les cowboys du 11ème à l'assaut de la culture résistante
Par Shystrak(1/2) le samedi 1 mai 2010, 01:37 - Médias et sociétés - Lien permanent

Il est 01h04 et y'a moins d'une heure, j'ai rejoint la petite fête organisée par la bien aimée société de curiosités, qui accueillait une dernière fois ses membres pour un adieu au local de l'impasse des 3 bornes avant de les retrouver on espère dans un lieu tout aussi chaleureux et aventureux à la rentrée prochaine. Malheureusement pour nous, eux et moi, la perturbation policière est venu gâcher la fête et le bon esprit.
A 00h00 je quitte mon job de l'avenue Parmentier pour rejoindre à quelques pas de là La société de curiosité, à peine arrivé, les cowboys débarquent, deux voitures, deux hommes s'approchent de notre groupe relativement tranquille qui traine devant la salle d'où sort une musique il est vrai un peu trop dansante (!!!?), là tout de suite ça se la raconte justicier du bruit et surtout gardien de l'ordre bien établie....bref ça vous fait la morale, l'un parle, l'autre reste muet, l'un se croit dans un John Wayne, l'autre aussi mais par procuration. Mais bon dans l'ensemble malgré les deux voitures (dont une qui bloque le bout de la rue....pour eviter quoi ?), l'idée et de faire passer le message et surtout de menacer (attention on peut revenir et ça peut vous couter 1500 euros). La leçon retenu, le responsable de la salle demande aux gens trainant à l'extérieur de parler moi fort et surtout de fermer la porte en sortant.
De mon côté, quand la police quitte la décor, je me mets à écouter les bruits de la rue, impossible de savoir qui sème le trouble sonore dans cette petite impasse, la soirée ou l'attroupement de jeunes un plus plus bas dans la rue qui zonent et rigolent sans forcement mettre la sourdine. Mais qu'importe la triste vérité arrive à peine 40 minutes plus tard quand les cowboys refont surface, cette fois ci avec tambour et trompette, les voitures se sont rapprochées et le ton monte un peu. Naïvement j'essaye de faire passer le message du malentendu mais bon je me prends un vent par John Wayne (Mr circulez vous n'êtes pas concerné (!!! why j'habite le quartier, vous venez semer le trouble dans un lieu que je chérie...JE SUIS CONCERNE), dégouté et impuissant (ce qui est toujours le cas avec la police française qu'on soit dans notre droit ou non) je me casse. La je vois qu'un des policiers est resté en retrait et adossé à sa voiture discute avec le groupe de jeune comme au PMU du coin (why not), je lui dis que c'est un peu abusé ce qu'ils font et que pour la dernière soirée, ils pourraient être plus indulgent, le policier me regarde comme si j'étais un gamin de 15 ans, plus intéressé par sa conversation en cours (surement passionnante) qu'a l'opinion d'un citoyen (qui rale gentiment)...il me dit "Allez, rentrez chez vous" avec une décontraction affolante (un casse toi tu me saoules aurait été plus honnête). Bref me voilà devant mon ordi maintenant à me dire que faut bien que je gueule quelque part sinon je vais faire une bêtise. Pendant que j'écris ces lignes, je sais que mes amis de la Société de Curiosités viennent de se prendre une amende bien salée, que leur courage et leur envie de faire des projets culturels courageux et atypiques viennent encore d'en prendre un coup et que les quelques 100 personnes qui étaient là bas avec moi dans une ambiance bon-enfant, viennent encore une fois d'avoir la preuve que la justice ou la tolérance ou l'objectivité policière est un leurre pour les gauchistes naîfs (que je suis) et que finalement tout ça n'est que du bizness. Car pourquoi venir faire chier la bande de jeunes qui zonent vu que c'est pas eux qui vont débourser la caillasse, car il faut bien que quelqu'un paye pour le déplacement (ce qui est très français) surtout un vendredi soir à 00h10 (putain il est pas 4h00 du mat !!) et le premier passage ayant mis en evidence une possible vache à lait qui devrait combler les objectifs de rendement de la police du quartier pour la soirée. Car mince alors, y'a que ça a faire dans le quartier, venir pourrir une soirée privée pour augmenter sa prime de fin de mois.
En tout cas autant pour la police de proximité, autant pour la relation amour-haine avec la police qui plus ça va, plus elle tend à se résumé qu'a un de ses deux mots. Amis, amies curieux, profitez en encore tant que la vie est encore là dans nos quartiers parisiens, car le karcher est en train de passer sur les aventureux du quartier !
Et bon j'ai eu tord de comparer un des policiers à John Wayne car finalement John Wayne c'était toujours le bon dans l'histoire pas le rouleaux compresseur de la répression.
Je pensais pas qu'un jour les mots FRIC et POLICE rimeraient dans ma tête...depuis 30 minutes c'est le cas et c'est la CULTURE qui en ait la victime !
Et bon la police au service du citoyen...franchement ça j'ai jamais connu, j'aimerai un jour découvrir dans les faits ce que ça veut dire !
Voilà j'ai vidé ma bile, c'est vain et plein de mauvaise foi mais ça fait du bien.
Commentaires
Mmh, ça fait toujours ça la première fois. La deuxième aussi, d'ailleurs. Et la troisième...
Je me souviens de flics et CRS venant vider un squat culturel toulousain où la fête de clôture du lieu durait trop longtemps.
Néanmoins, ça fait pas de mal une petite injustice par ci par là, ça remet les priorités intellectuelles en place, ça réveille le neurone politique, ça aiguise l'expérience, ça donne envie du faire du polar anar, ça fait grincer les dents et ça muscle la mâchoire.
Sans doute la même impression que lorsque l'on parle à un conseiller de téléphonie mobile..
Quant à l'argent, c'est une réalité: un profit facile, rentable sous couvert d'égalité et de sécurité de proximité.
En Espagne, ce week-end, j'ai pris 30 euros pour avoir bu une bière sur un banc public et bien sûr la possibilité de régler par carte bleue.