"Greenberg" de Noah Baumbach (2010) : bijou indie
Par Shystrak(1/2) le mardi 11 mai 2010, 02:06 - Cinéma et pacotilles - Lien permanent
Drôle d'oiseau que le cinéma indépendant américain connaissant son heure de gloire à la fin des années 90 et au début des années 2000, il est redevenu confidentiel à de rares exceptions qui creusaient souvent le même créneau, celui de la comédie douce amer : "Little miss sunshine" et les films de Wes Anderson et Jason Reitman. Mais derrière ces jolis arbres à oscars se cachent une forêt vigoureuse friande des croisements les plus improbables.
Récemment on a pu voir David Gordon Green aux commandes d'une production Apatow et défier toutes la concurrence avec son incroyable "Délire Express". Parallèlement ses films plus sérieux comme les magnifiques "Snow Angels" et "All The Real Girl" n'ont jamais connu de distribution correcte en salles par chez nous et sont toujours absents de nos catalogues DVD. Plus connu pour son travail de scénariste pour Wes Anderson, Noah Baumbach a vu son avant dernier film : "Margot at the Wedding" (avec Nicole Kidman et Jack Black) subir le même sort.
Le 28 avril son dernier film "Greenberg" est sorti sur nos écrans dans une combinaison de salles plutôt correcte. Le hasard n'y est pour rien, car la star du film n'est autre que Ben Stiller (plus bankable aujourd'hui que Nicole Kidman). Je vois déjà les gardiens de l'auteurisme faire la gueule, je les rassure de suite comme le reste des film de Noah Baumbach, "Greenberg" est un film d'auteur et en plus un des plus beaux et cruels.
Débarrassé de certaines lourdeurs cyniques qui plombaient quelques fois les ailes de "Margot at the weeding" et "Les Berkman de séparent", "Greenberg" est le meilleur film de son auteur, offrant à Ben Stiller son meilleur rôle depuis longtemps (si on excepte les rôles qu'il se donne lui-même). En quatra égotique et dépressif, la gueule et le corps cassés de Ben Stiller font merveille, se fondant parfaitement dans la forme naturaliste et sèche de Noah Bauchman. On a l'impression que pour une fois Ben Stiller n'est pas obligé de jouer le rôle de la locomotive (Cf La nuit au musée) et peut reposer son jeu et explorer enfin les silences. Le casting est pour beaucoup dans cette balance de jeu bien ajustée : la touchante Greta Gerwig en amoureuse nonchalante et rédemptrice fait plus que de la mise en valeur du héros dans "Greenberg", elle en est aussi l'héroïne à part entière, tout comme le charismatique Rhys Ifans en meilleur pote.
Paradoxalement tous ces bons ingrédients peuvent faire croire à la formule hype surtout quand on y ajoute une bande son faite par James Murphy (LCD Soundsystem) et la présence de la toujours aussi belle Jennifer Jason Leigh (qui produit et co-écrit le film pour et avec son mari réalisateur), mais point de syndrome Sofia Coppola ici, chacun servant le film avec justesse, créant pour l'occasion un des mélanges les plus intrigants et originale vu depuis longtemps.
Bref, je ne vais pas en rajouter en vous racontant l'histoire de "Greenberg", l'affiche et la bande annonce le font très bien pour moi, je vais juste vous dire d'aller voir "Greenberg" et de profiter au maximum de la touche Baumbach car on ne sait pas si le prochain bijou du Monsieur passera par chez nous (même si Richard Gere Et Keira Knightley jouent dedans).
Note : 5,5/6
Commentaires
yeah, vu cette aprem... rien de révolutionnaire mais le genre de film qui pose une sympathie instantanée. Ben Stiller est parfait, touchant et marrant (différemment), la nana est terrible (et elle écoute les wings quand elle picole, j'adore !) et le chien est super, véritable miroir du perso de stiller. L'affiche ricaine est quand plus dans le ton du film.
elle est sympa cette affiche, d'ailleurs.