To Slash or not to Slash
Par Cyrille le dimanche 18 avril 2010, 22:07 - Musique et brouhahas - Lien permanent

Le concept est simple : Slash a invité ses potes à chanter sur ses morceaux.
Nous allons donc procéder à une chronique académique : morceau par morceau.
1 : Ghost : ce morceau a un groove sympathique qui, avec un peu plus de noirceur m'aurait fait penser aux Screaming Trees. La voix de Ian Astbury a toujours autant la classe et laisse présager un album bien sympathique. On n'est pas loin non plus de The Cult version 90, donc point désagréable bien que manquant d'épaisseur.
2 : Crucify the Dead : C'est Ozzy Osbourne qui s'y colle. Sa voix porte un passé costaud de pape du metal, mais le morceau se lance vite dans une mélancolie un peu niaise et, même s'il n'a en lui-même rien d'exaspérant, on commence à trembler quant à ce qui va suivre. Slash fait son solo, sympa de sa part, et l'on sent que le morceau va décoller mais que dalle, ça piétine, ça essaie de s'emballer mais ça retombe comme un flan congelé.
3 : Beautiful Dangerous : Sarah ferguson (on dit Fergie), je ne la connaissais pas et je ne veux pas la connaître. On sent que le morceau a été fabriqué pour faire plaisir à la dame qui fait du rock rnb, très rock FM. Je n'attends pas ça d'un mec qui a participé à l'un des plus grands albums du rock, à savoir le Appetite for Destruction des Guns. Mais bon, on ne s'impatiente pas, on passe au suivant...
4 : Back from Cali : Myles Kennedy est un pote de Slash, ok. Moi je veux bien, le gars a une bonne voix, c'est certain. Mais le morceau en lui-même me fait plus penser à Bon Jovi qu'à Soundgarden. Encore une fois, il va falloir que je m'y fasse, Slash est devenu un guitariste MTV. Et tout ce qui sentait la sueur chez lui sent le tilleul.
5 : Promise : Attention les filles, Chris Cornell débarque. Souvenez-vous, en 1991 sortait l'album Badmotorfinger de Soundgarden et l'on tremblait face à ce débordement d'énergie. Depuis, les choses ont changé. Et l'on pourra féliciter Slash pour la façon dont il a su s'adapter à l'univers de chacun. Car maintenant que Cornell fait des morceaux pop mélancolique pour générique de série TV, Slash a su pondre un morceau dans cette veine où la voix magnifique de Cornell est à l'aise. Moi un peu moins, mais bon...
6 : By The Sword : je ne connais pas ce Andrew Stockdale mais il a une belle voix. Le morceau a un côté Led Zep appréciable, mais jamais ne décolle, jamais ne décolle. Le petit côté psyché seventies du refrain me plaît bien, et je me prends à retrouver une pointe d'espoir. Je vous jure.
7 : Gotten : Adam levine, qui que vous soyez, vous n'y êtes peut-être pour rien, mais le morceau sur lequel vous chantez est d'une médiocrité sans borne. Vous auriez pu refuser, mais vous vous êtes pris au jeu. Une ballade pleine de liquide poisseux qui dégouline de partout. Beurk. Sans aucun intérêt.
8 : Doctor Alibi : on l'attendait au tournant celui-là. Parce que faire un morceau avec Lemmy, faut pas se râter. Et bien je vous le donne en mille, Slash ne s'est pas râté. Le morceau est bon, gentiment efficace, et même si ça manque de sauvagerie, ça fonctionne très bien. On sent que tout le monde se fait plaisir dessus, ce qui n'est pas le lot de tous les morceaux de l'album...
9 : Watch this : bonne mise en bouche, rythmique lourde et solo langoureux. Dave Grohl et Duff McKagan sont là derrière, à essayer de redonner l'appétit au slash. Sans parole, ça résonne parfois mieux. Le morceau est plaisant, même si on l'aura oublié demain, enfin... bref. Il permet de faire une pause et de prendre quelques riffs dans la gueule, ce qui ne fait de mal.
10 : I Hold on : avec Kid Rock, on est en plein dans le rock de stade amerloque, bien fichu mais mou du cul. Encore un morceau qui se savoure en charentaise, avec la page TV du Figaro dans les mains.
11 : Nothing to say : un morceau avec un riff, une cadence soutenue, des solos qui s'enflamment. Damned, il aura fallu attendre le onzième morceau pour avoir de la ferraille à se mettre sous la dent ! Il y aurait presque un air de Faith no More période King for a day dans ce morceau. Le morceau qui sauve l'album ?
12 : Starling : Myles Kennedy revient avec un morceau pour faire l'amour. Bon, on avait pas besoin de ça. Le refrain est sympa, bien formaté aussi. Mais qu'est-ce que c'est mou, tout ça, et d'un convenu !
13 : Saint is a sinner too : belle voix, clone vocal du fils Buckley, que ce Rocco de Luca. Le morceau est lent et triste, mais il contient de belles choses.
14 : We're all gonna die : nous terminons avec l'ami Iggy. Ben voila, faut pas grand chose pour faire un morceau rock n'roll, Slash, tu vois quand tu veux...
Verdict : pépé slash a encore de beaux restes, mais devra se reconvertir en VRP pour Gibson, si ce n'est déja fait. Son album est mou, n'a plus de sang dans les veines, sent la réglisse et le tilleul.
Ma note : 5/10
Commentaires
is anybody listening ?
yes i am.
j'ai entendu à la radio, ou lu dans un magazine, je me souviens plus, un entretien de Slash à propos de son album. Et c'était l'amicale des musiciens du monde entier. Pote avec la planète entière le Slash. Il devrait peut-être se faire des ennemis.
j"ai lu mais j'ai pas encore écouté
peut-être que tu ne l'entendras jamais, car il disparaîtra vite de l'imaginaire mondial.
Dire que j'attendais ce nouvel album de Slash relève du doux euphémisme... Pour ma part, ce mec résume à lui tout seul le concept de guitar-hero: un look d'enfer, un sens de la mélodie imparable (remember le solo de "Sweet Child O'Mine"), et un feeling incroyable. Génie de la guitare, donc, qui, outre les Guns, s'est brillament illustré avec son groupe Snakepit, avec lequel il nous a déjà offert deux bombes de blues rock. D'où ma semi-déception à l'écoute de cet album sobrement intitulé "Slash". Un album somme ? Non, pas du tout... Malheureusement! Pourtant, tout commençait magnifiquement avec ce "Ghost" d'une classe folle, envahi par la voix superbe de Ian Astbury. Mais Patatras !!! Ozzy et son horrible voix nasillarde viennent saccager un second titre déjà boiteux... Et c'est le cas de cet album. Un titre sur deux est à jeter, respirant très fort la soupe FM américaine (Les morceaux avec Maroon 5, Chris Cornell, Kid Rock, De Lucca, etc...). Heureusement, des soupçons d'énergie viennent nous réveiller, notamment les duos avec Lemmy, Andrew Stockdale, Myles Kennedy, et Fergie (Oui, oui !!!). Un album en demi-teinte, où le toucher de SLash fait souvent des merveilles, mais où la musicalité de cet immense bonhomme est noyée sous une avalanche de guimauve... Ma note? 6/10