Pin-Up Incandescente : Asia Argento, l'ange noir
Par Shystrak(1/2) le mardi 18 septembre 2007, 10:42 - Pin-up de la semaine - Lien permanent
Au top de l'actualité en ce moment Asia Argento est à l'affiche du dernier film d'Olivier Assayas, "Boarding Gate", en héroïne paumée au milieu d'une intrigue d'espionnage industriel.
En octobre prochain elle retrouve son père sur grand écran dans le troisième volet tant attendu des Trois Mères : "Mother of tears" suite et fin de la trilogie entamée avec "Suspiria" et "Inferno".
Youhhouuu, j'entends des cris de joie retentir dans la rue !!!
Il était donc temps de ressusciter la Pin-up d'Airmole avec ce bel ange noir italien qui me met en émoi depuis sa première apparition sur mon écran de TV…
...C'était un samedi de 1994 je crois bien, je venais de louer au vidéo club, "Trauma" de Dario Argento, dès les premières minutes du métrage, Asia encore jeune (18 ans ?) me tourneboula la tête. Un regard sombre et attirant, une silhouette pas comme les autres et surtout, l'héroïne du cinéma de son père, maitre de cinéma pour moi à l'époque. Ce fut le début d'une belle histoire d'amour…..de cinéma (ben ouais faut pas rêver).

Puis vint le génial "Syndrome de Stendhal" (1996) et sa sublime séquence d'ouverture où Asia erre dans les rue de Florence, réagissant aux œuvres d'art qui l'entourent comme dans un film d'horreur. Magnifique troublant, elle finit par embrasser un poisson bizarre au fond de l'eau d'un tableau....

Le reste du film pas forcement de la hauteur de cette scène d'ouverture ("Le syndrome de Stendhal" est un grand film malade), illumine quand même mes pupilles juste par la présence troublante d'Asia, passant de blonde à brune avec merveille.

1998 est une année importante pour Asia, elle tourne dans "Le fantôme de l'opéra" de son père qu'on préfèrerait oublier, Asia étant la seule à sortir indemne de ce ratage artistique, mais surtout elle rencontre Abel Ferrara (grâce à son mec de l'époque Vincent Gallo ?) et joue dans "New Rose Hotel", magnifique film sur le manque où Asia hypnotise Willem Dafoe sous la houlette du diablotin Christopher Walken.

Asia trouve en Abel Ferrara un autre père de cinéma et se dévoile complètement, faisant découvrir au monde un étrange tatouage d'ange au dessus du pubis, la faisant rentrer dans la légende des actrices fascinantes et rebelles (aux cotés de Béatrice Dalle et Franka Potemke). Lors de la vision de "New Rose Hotel", j'étais un peu comme Willem Dafoe au fond de son hôtel minimal futuriste, quasi seul dans la salle d'un petit cinéma de province, je ressentais un étrange manque lorsqu'Asia n'etait pas à l'écran. Cette sensation fascinante où les fantasmes affluent, fait devenir Asia, en l'espace d'un film, une icone.

Deux ans tard Asia Argento livre son premier film, l'autobiographique et manipulateur "Scarlet Diva" (2000) où elle se donne à cœur ouvert tout en faisant ses premiers pas de cinéaste. Troublant toujours, choquant, crue, grotesque, romantique, Asia se dévoile sans pudeur, créant des moments d'érotisme froid instantanément culte. Le rasage des aisselles sur fond de "Wild is the Wind" chantée par Nina Simone est resté dans les mémoires. Asia filme son journal intime névrosé, exit l'adolescente rebelle, la femme est là !
Avec ce film et malgré les critiques dans son pays, elle rentre dans l'histoire du cinéma en devenant la plus jeune réalisatrice italienne et la première à tourné en DV.

Puis Asia engrange les dollars et les euros en tournant dans des films à tendance commercial et aux qualités artistiques souvent limités (malgré les bonnes intentions) : "Les morsures de l'aube" de Antoine De Caunes, "La sirène rouge" de Olivier Mégaton, "Ginostra" de Manuel Pradal...puis elle partage l'affiche avec Vin Diesel sur "XXX" de Rob Cohen (2002), un James Bond burné et bas du front mais très sympathique surtout grâce au couple mythique formé par les deux acteurs....vrai symptôme du nouvel Hollywood qui prend forme à l'époque...stars tatoués et rebelles...le film cartonne au box office mais Vin Diesel et Asia Argento passent à autre chose et ne rempilent pas...

...entre temps Asia continue à choquer et continue à poser nue pour des campagnes promo….

....prenant à contre courant, la starifiaction Hollywoodienne classique, peu de ses concurrentes arborent de si beaux tatouages...

...elle pose même enceinte en 2001 (rendant obsolètes vos photos de Demi Moore enceinte)….sa fille nait en juin et est appelé Anna en hommage à la demi-sœur décédé d'Asia en 1994 des suites d'un accident de moto. Anna est un aussi de tatouage ornant son épaule.

Bref toute cette couverture médiatique permet surtout à notre belle italienne de parfaire son utilisation des langues, elle chante à l'époque pour le groupe Trash Palace en duo avec Brian Molko, une version bien chaude du "Je t'aime moi, non plus" de Gainsbourg, mais après la naissance de sa fille, malgré le succès, Asia rechigne à courir vers les bras tendus d'Hollywood et préfère tourner son deuxième film au sujet très casse gueule "le livre de Jérémie" (2004). Le film est salué dans bon nombre de festival. Asia réalisatrice est maintenant autant prise au sérieux que l'actrice. L'impression de la jeune femme capricieuse laissée (à tord) par "Scarlet Diva" s'efface pour rendre justice à l'artiste !

Adaptation rock'n'roll et viscérale d'un roman de J.T.Leroy, "Le livre de Jérémie" (aka "The Heart Is Deceitful Above All Things") suit la descente aux enfers d'une mère vue du point de vue de son jeune fils qu'elle entraine avec elle…fanatisme religieux, prostitution, pédophilie, drogue, tous les fantômes de l'Amérique passe au mixeur. Ce qui aurait pu être maladroit et grotesque devient poésie vitriolé, un peu à la manière du "Mysterious Skin" de Gregg Araki. Le fait que Asia Argento joue le rôle de la mère, y est pour quelque chose, elle explose l'écran de pathétique touchant, contrôlant ainsi son film de l'intérieur. La performance des enfants jouant son fils s'en ressent et rend cette expérience limite, vraiment troublante.

On ressent évidemment par moments les influences de Dario Argento et Abel Ferrara, celle du père dans ces moments qui frisent le film d'horreur, celle du maitre New Yorkais dans l'obsession de la religion et les acteurs en états de grâce. Deuxième essai réussit pour Asia / réalisatrice qui laisse entrevoir de beaux moments de cinéma à venir.

En 2005, elle rejoint la légende en prenant part au quatrième volet des morts-vivants de George A. Romero, "Land of the dead", elle y joue l'héroïne rebelle et casse coup, en 1978 son père produit "Zombie", 25 ans plus tard, Asia donne sa chair et son glamour à Romero. Vêtue de cuir et de bas résilles, Asia Argento renvoie au placard les actions girls comme Milla Jovovich en deux temps trois mouvements....

Puis les rôles passent, le temps passent, les grands noms passent...Tony Gatlif (rencontre logique), Catherine Breillat, Bertrand Bonello, Gus Van Sant, Sofia Coppola...Asia passe du statut d'égérie à celui de star, mais elle reste coltiné à l'underground, privilégiant les relations fortes et fidèles, 2 films avec Ferrara, 2 films avec Bonello, 4 films avec son père...

2007 est à n'en point douter le retour en force d'Asia Argento, la première salve est tomber en mai dernier avec le film de Catherine Breillat, "Une vieille maitresse", pas vu, mais la critique élogieuse à Cannes fait que le film n'est pas passée inaperçue, puis fin aout sort le film qui par son affiche et sa bande annonce m'a collé la bave aux lèvres tout l'été :
"Boarding Gate" d'Olivier Assayas (2007) ***1/2
En salles depuis le 22 aout.
Voici un magnifique rôle à la hauteur d'Asia Argento, celui d'une femme traqué !
Avec ce très bon "Boarding gate", Olivier Assayas poursuit le travail commencé avec "Demonlover" dans le genre du thriller d'espionnage industriel, plus intimiste que "Demonlover", "Boarding Gate" tient sur les épaules d'Asia Argento de bout en bout.
Encore une fois, Olivier Assayas sait s'entourer et donne l'exemple en terme de lumière et de montage.
Niveau structure, "Boarding Gate" n'est pas loin du dernier Paul Greengrass, partant d'une ligne narrative simple, structurée par une première partie basée sur de grandes scènes d'affrontements verbaux et physiques entre Asia Argento et Michael Madsen, se terminant par la meurtre de ce dernier des mains d'Asia, son ex-maitresse, ensuite Assayas trace la ligne de fuite de son personnage en dégraissant au maximum la narration, du coup le film perd en force ce qu'il gagne en mystère, mais Asia comme sur l'affiche est là, son regard vous prend, vous envoute comme Michael Madsen et vous vous laisseriez tuez avec plaisir si c'était elle votre bourreau. Du coup les rôles annexes paraissent fades face au désespoir torride du personnage d'Asia, presque déshumanisé.
Reste un très bon thriller et un très très bon film de genre français, qui devrait donner des idées esthétiques à bon nombres de cinéastes en mal d'originalité.

Cet automne, le dernier opus de Dario Argento tombera sur nos écrans, suite et fin de la trilogie ouverte avec "Suspiria" en 1977. Mesdames et Messieurs, je vous laisse maintenant travailler vos fantasmes en vous présentant l'affiche et le trailer de "The Mother of Tears".

Pour finir en beauté, voici une très belle photo d'Asia Argento, à disposer selon vos désirs.

Commentaires
Pfiou, je veux être Bambi, enfin, toujours.
Je bouillonne ! Asia Amooore MioO ! J'en miaulerai presque !
Elle viens toujours à la soirée du 29 ?
Sorry, je peus pas, j'ai ping-pong avec John. Mé demain, je peus te voir SebB.
La prochaine pin-up a intérêt à se lever tôt pour être à la hauteur! L'affiche de Boarding Gate m'a aussi interpellée plus d'une fois...
Bah, si l'on y réfléchit bien, elle ne fait que se foutre à poil dès que l'occasion de présente ... Elle manque un peu de classe, l'Asia ...
Ouah l'autre, non mais n'importe quoi...Asia a sa classe à elle, moins formaté que les autres, c'est pas Pamela Anderson tout de même !
Mmh, c'est pas Senta Berger non plus ... Je la trouve très vulgaire, l'Asia Argento, pas la peine de parler de formatage, là n'est pas la question. Elle arrive juste au genou de Béatrice Dalle. C'est mon avis de l'esthétique, faut demander à Adorno si ça se discute.
Je suis un peu d'accord avec Cyrille. Son charme sulfureux et magnétique de quand elle avait encore un petit air de jeune fille, a sombré dans une espèce de vulgarité vaguement trash avec le temps.
Je suis en désaccord total avec vous les gars, suffit de voir "le livre de jeremie" pour s'en convaincre et "Boarding Gate" pour en être sûr.
je ne me fie qu'aux photos ici présentes, personnellement.
Je suis avec toi shystrak (1/2) !
Yes ! porno contre frigo !!
Même si l'affiche de New Rose Hotel est simplement vulgaire et pas du tout bandante, il y a dans le lot des photos magnifiques! Disons qu'elle cultive le double don de se vautrer dans une imagerie bidon et celui d'accrocher le regard dans des clichés au magnétisme primaire. Et rien que pour être capable de faire ressentir ça, je la trouve envoûtante. Shystrak, c'est une f...ing pin-up que tu nous a sorti là!
Mmh, accrocher le regard ? Il y a certaines parties de son corps qui accroche le ragard, c'est certain. Est-ce que c'est du talent ? Celui des photographes ? Elle est sympa Asia, mais je ne la mettrai pas dans le top des pin-up du Shystrak. J'y pense, je crois n'avoir vu que le Syndrôme de Stendhal.