quelques cases en plus (3), tigre-éléphant, dieu-singe & marie en plastique
Par Cyrille le mercredi 26 septembre 2007, 21:55 - BDcédaire - Lien permanent
Ce qui est étonnant dans la bande dessinée, c'est que ce qui nous arrive entre les mains est imprévisible. On a bien quelques pistes, l'éditeur, l'auteur, le dessinateur, le style, mais derrière le train se cache l'autre train ! L'art de la case, l'art de la bulle a de beaux jours devant lui, car sans cesse il se renouvelle, sans avoir un critique penché par dessus son épaule. Aussi, clamons-le haut et fort, vive la bédé !!
American Born Chinese (histoire d'un chinois d'Amérique), Gene Luen Yang, Dargaud. (8/10)

Etonnante bande-dessinée. Notamment dans la structure du récit. L'histoire du dieu-singe se mêle au récit d'un jeune chinois débarquant dans une classe américaine, et à l'autre récit beaucoup plus déstabilisant, d'une espèce de sitcom où le ridicule ne tue pas.
Le dessin des plus simples rend le récit attachant. On savoure le conte, on écarquille les yeux devant les déboires du jeune Jin Wang, on s'irrite devant le sitcom agaçant mettant en scène un cousin chinois excessivement stéréotypé. Mais tout est là pour se rejoindre ensuite, et prendre du sens.
Au premier abord, on ne sait pas si c'est du lard ou du cochon. La fausse naïveté qui émane des personnages rend perplexe. Mais c'est pour mieux nous dévorer ensuite.

Je comprends que cette bédé ait raflé des prix aux USA, car sa singularité a de la valeur.
Ne passez pas à côté.
La Marie en plastique, Prudhomme & Rabaté, Futuropolis. (8,5/10)

Le truc est en deux tomes, et tout commence dans la chaleur du moi de mai. On est dans la famille, typique. Le grand-père plante des clous dans son atelier, le conducteur de bus fume sa clope puis appelle les vieux à rejoindre le bus. C'est qu'on revient de Lourdes, oui messieurs mesdames ! La grand-mère débarque, elle est en colère. Papy n'est pas venu la chercher. C'est qu'un différend les sépare. La vieille est bigote, le vieux coco comme un pou.
Mais lorsque le combat se mène autour de la table, après le digeot bien entendu, c'est la sainte vierge en plastique posée au-dessus de la télé qui aura le dernier mot, sous le regard furibond de Lénine en portrait. Un putain de miracle et c'est toute la famille qui part en jus de raisin.
On sent que les deux se sont fait plaisir. Le scénario de Rabaté assure un maximum, et le dessin si particulier de Prudhomme est à la hauteur du projet. On s'y croirait.
Pour vaincre le blues de l'automne, cette bédé fraîche comme un pichet est parfaite.
Rayures, B-GNET, 6 pieds sous terre. (8,5/10)

Argh, mais que se passe-t-il ? Voilà-t-y pas que je me mets à ricaner devant des dessins !! C'est que le gars a le sens du rythme et de l'humour cocasse !
De la première à la dernière case, vous allez suivre les aventures ô combien rocambolesques de Jean-François, l'éléphant qui est en fait un tigre quoique ... et de son ami le panda rencontré comme ça, en immunité diplomatique car espèce en disparition.
Il y a de l'humour Psykopat là-dedans, d'ailleurs j'ai toujours préféré Psykopat à Fluide Glacial. Bref, les aventures de Jean-François, c'est pas de la gnognote ! Même s'il perd son pouvoir de l'ellipse, bien pratique, il finira par trouver d'autres pouvoirs, très efficaces dans le catch de rue.
Je ne vais tout vous raconter, hein, mais je vous assure que c'est la poilade, pour ceux qui ont un humour à peu près similaire au mien ... Mais les autres on s'en fout.
Astro City, Kurt Busiek, Brent Anderson & Alex Ross, Panini comics. (6/10)

Malgré la préface de Frank Miller, qui a dû lire la bédé à l'envers car ce qu'il critique me semble s'y trouver, cette bédé m'a quelque peu fatigué.
Peut-être me suis-je identifié au personnage principal, fatigué lui-aussi. SteelJack sort de taule, il est un homme d'acier, mais le poids des ans a marqué son visage. Sans cesse mélancolique, on le sait car sa voix-off nous accompagne tout le long, il ne sait que faire de ce qui lui reste de vie.
Il rêve de devenir comme ces anges qui peuplaient son enfance, super-héros faisant le bien, rutilant de paillettes, mais ça n'est pas son style. On le retrouve donc à faire le privé pour la population de son ancien quartier. Mais SteelJack traîne les semelles. Et ma patience avec.
Le dessin est à la hauteur du comics moderne, brillant et impeccable. La gueule déprimée de SteelJack, façon Kirk Douglas sous sédatif, fait son effet, du moins au départ. Mais dès qu'il va se recueillir sur la tombe de sa mère, là je dis stop. On va quand même au bout, car ça tient la route question efficacité narrative.
Néanmoins, c'est casse-couille.
Avale ton Lexomil, SteelJack, et fous-nous la paix.
Travail rapide et soigné, François Ayrolles, L'Association. (8/10)

Ces histoires sont parues entre 1994 et 2006 dans Lapin, Spoutnik, Groin, Numéro spécial et Comix 2000.
"A Jeanville, tout le monde s'appelle Jean." Voici commence la première histoire. On est dans l'absurde, et on s'y régale. Le mec maîtrise à la perfection son récit, et ses historiettes, la plus longue fait huit pages, sont d'une saveur particulière.
L'univers de François Ayrolles est étrange, absurde, intelligent et aigre-doux. Son dessin souvent épais trace les ombres de ses personnages fous. On y entre et on y est bien. D'ailleurs, l'un des frères Jacques devient cul-de-jatte, c'est vous dire !!
Commentaires
Ah j'ai bien aimé "Astro city", c'est pas "The Watchmen" mais c'est un bon comics sur la mort de super héros.
mmh, à trop faire mourir le superhéros à petit feu, la viande du superhéros de ramollit ...
Depuis que DOOMSDAY a essayer de me faire la peau sans succés, je dois bien avouer être devenu allergique à la mort. Toujours aussi agréables à lire, ces notules.
tu fais référence au tueur de superman, et oui, superman est mort, Merci Doomsday, d'avoir tué l'icône cucul la praline.
Maintenant, on peut ***** sur le ***** de sa **** en ******* qui *** du *** tant elle a **** des ***** de *****-********. La ****** de *****. J'te jure.
Oui THE MAN OF STEEL est cul cul la praline. Son obsession de la vérité à tout prix, son côté AMERICAN ICON le rend difficilement supportable si on s'arrête à ce premier aspect. Heureusement, les scénaristes qui ont traités sa petite existence d'orphelin ont eu le bon sens de s'attarder sur la difficulté d'assumer au quotidien ce bien lisse statut héroïque, paradoxe dont Richard Donner nous offrit quelques brillantes bribes dans son sublime SUPERMAN de 1979, auquel SAM RAIMI puisa outrageusement toute son inspiration pour ses SPIDERMAN I et II (hein ! Parce que le 3 j'y reviens pas).
Cyrille t'abuse la photo de "Astro City" est en allemand !
Oups, si j'avais voulu, j'aurais pas vu. Mais joli, t'as l'oeil. C'est le côté romantique de la bête, le type qui lutte, qui cherche son übermensch. Heureusement que tu es là, ça avait échappé à tout le monde, même à moi ... Non pas que rien ne m'échappe, mais j'ai foutu cette putain d'image sans me rendre compte du langage inscrit dessus ! Chouette !
putain, j'ai mis un moment à te comprendre, Marc Balta. Je ne saissisai pas ton commentaire ... Maintenant ça y est, et ça va mieux. A ce sujet, putain, dans le Darknight de Miller, il prend cher le soldat de la maison blanche, superhomme. Hé hé. La véritable inspiration su ce connard de superman l'extraterrestre qui se prend pour un homme quand ça l'arrange, elle est à puiser dans le monumental Darknight, pas ailleurs. tant pis si certains réaliseurs se sont plantés à ce sujet. T'es pas d'accord, Marco ?
1000000 FOIS D'ACCORD CYRMAN ! Ensemble, créons une ligue des justiciers élémentaires !
je signe ! D'abord, j'attends un petit cours sur les particules élémentaires, qu'on puisse réorganiser nos atomes. Après, je signe.
Alors ces particules élémentaires (ça me fait penser que Jibé devait faire un billet sur les fractales, mais ça ne se fit pas, et j'en suis très déçu, j'aurais adoré !)
wikipedia dit ça. Ils me font rire ces scientifiques. "Nous savons maintenant que la matière est composée d'objets appelés atomes". Couillon de la lune, c'est toi qui lui a donné ce nom à ce truc. J'te jure. Bon, pour ceux qui ont la cagne de lire, je résume.
Dans le plus petit du plus petit, il y a les quarks, les leptons et les bosons. Ce sont donc les particules élémentaires du moment. Mais plus tard, ça en sera d'autres ...
Toutes les particules connues sont composées de quarks et de leptons (collectivement nommés fermions), et elles interagissent en échangeant des bosons de jauge. Mais attention, il y a 12 fermions et 4 forces !! Monsieur Balta, il me semble qu'on touche au but.
s'il y a 12 fermions et 4 forces, comment se fait-il que la LJE soit composée de cinq éléments ?