TRANSMETROPOLITAN, 1 : le comeback du siècle. (8,5/10)



Voici que débarquent les 12 premiers numéros de Transmetropolitan, publié il y a déjà 10 ans chez DC Comics. Avec Warren Ellis au scénario, on est sûr de ne pas être trompé sur la marchandise. Cet homme se méfie de tout ce qui est beau et gentil.
Darick Robertson se colle au dessin et s'applique à rendre l'univers déglingué de La Ville des plus agréables.

Vous avez d'un côté Spider Jerusalem qui vit reclu en haut de la montagne, puis vous avez Mitchell Royce, rédacteur en chef de la section locale d'un journal. Un vieux contrat les lie, Spider doit reprendre du service. Mais La Ville a pas mal changé en 5 ans, et Spider doit se remettre dans le bain.
Dès ses premiers pas dans La Ville, Spider sent rejaillir en lui le bouillonnement de son talent. Il est La Ville, avec tous ses paradoxes et son anarchie vivante, palpitante.

Futuriste et déjanté, s'attaquant de manière très frontale au puritanisme américain (sex drugs and rock n'roll pourrait-on dire ...), ce comics tape fort et haut là où d'autres s'embourbent souvent par des provocations gratuites et puériles. Car Warren Ellis est très intelligent et très rusé. Et Darick Robertson a su créer un univers à la hauteur du projet.
Bref, déjà un indispensable.



LA FIN DES TEMPS, Livre 1. (7/10)



Samuel Hiti vit à Minéapolis, mais son travail a quelque chose de très latin. Que ce soit dans le graphisme, le ton ou la source de ses inspirations, c'est un déraciné. Il est donc plus proche d'un Mignolia (Hellboy) que d'un quelconque auteur de comics, notamment dans la force évocatrice de son trait d'encre.
Nous assistons à la renaissance du chasseur de démons, Mario roman. Une fois reconstitué, notre héros va préparer ses concoctions, s'armer des textes sacrés et partir à la chasse.

Nous allons sur la rive du Lower West Side, là où la population locale hispanique a payé son lot de prières pour que le démon disparaisse.
Le talent de Samuel Hiti réside dans sa façon de poser des ambiances où le temps se répend véritablement, où le souffle se souffle, où les silences bruissent. Graphiquement, c'est assez saisissant. Le scénario en lui-même n'a rien de bouleversant mais l'effet est là.

Il est vrai qu'on peut rester un peu sur sa faim si l'on a l'habitude de nourrir autre chose que son oeil, ici comblé, mais c'est un premier tome, et comme dans chaque bon premier tome, on espère beaucoup de la suite.



CRIMINAL, 1 : Lâche ! (7,5/10)



Ed Brubaker (Daredevil) est aux manettes, Sean Phillips (7 psychopathes) au dessin.
On est en plein coeur du polar, du vrai du bon pour ceux qui aiment ça. Avec une voix-off qui accompagne notre héros en déroute, des embrouilles, un casse qui foire, des flics ripoux, etc. Notre héros à la première personne est un organisateur, c'est sa spécialité et rien ne lui échappe. Il est le meilleur dans sa section, élevé dès le plus jeune âge à l'entourloupe. Par contre, si le moindre problème pointe le bout de son nez, il lâche l'affaire. Ce qui fait que certains pensent qu'il manque de courage, pour parler poliment.

Mais notre héros a un secret très bien gardé, puisque lui seul détient les clés.

Cette bédé ne brille pas par son originalité, mais plutôt par son efficacité. Suffisamment bien huilée pour être convaincante, que ce soit au niveau du scénario que du dessin, elle ravira les amateurs.