le matricule psycho-tiède de l'air obscur
Par Cyrille le dimanche 15 novembre 2009, 20:03 - L'enquête - Lien permanent

Suite des aventures d'Henri Couglauphe. Rappelez-vous, il vient d'échapper aux trois fous du comte Qwouzyorn, et ne demande qu'à prendre une douche.
Notre Henri déchausse ses chaussons, les aligne selon les lois du Radian Vertueux et se déshabille. Il tend le bras jusqu'au robinet, le tourne et se glisse dans la douche, certain que l'eau bouillante traversera les tuyaux en un temps réduit. Mais l'eau reste tiède, et Henri Couglauphe s'impatiente. Il échafaude alors la théorie suivante : peut-être est-ce le savon qui fait arriver l'eau chaude, et non pas la rotation du robinet. Il s'empresse donc de mouiller le cube de graisse, pour en répandre la substance sur son corps recouvert des restes de son précédent combat ( voir l'épisode précédent). Mais l'effet escompté se renverse.
Au lieu d'une mousse épaisse, c'est une brume sombre qui se développe dans l'habitacle de la douche. Henri Couglauphe se passe sous l'eau tiède les yeux fermé, car il connaît bien les méfaits de l'air obscur (voir un des épisodes prochains qui revient sur la jeunesse d'Henri). Il frotte à l'aveuglette et se dépêche de sortir de la douche, tout en retenant sa respiration. Ne trouvant pas de serviette à portée de main, il se voit dans l'obligation de sécher son corps en alerte avec le tapis de bain. Puis il se précipite hors de la salle de bain.
Reprenant son souffle et ouvrant les yeux, la queue du lézard géant lui frôle le visage.
C'est un des effets désagréables de l'air obscur, ça vous matérialise toute sorte de créature sans que vous ayez le temps de reprendre vos esprits.
Un mouvement de recul que l'on doit aux longues années d'apprentissage de l'Instinct lui permet de tournebouler sur le parquet, d'attraper une robe de chambre, de l'enfiler, de se faire une raie sur le côté, d'enfiler des chaussettes à semelle de bambou et de prendre la position de l'iguane. C'est alors qu'on sonne à la porte.
henri Couglauphe attend un colis de la plus haute importance, il se doit de répondre, aussi demande-t-il de patienter tout en s'approchant du lézard à la langue démesurée et vénéneuse.
Ses chaussettes aux semelles de bambou lui permettent de ne pas glisser sur la boue synaptique déversée par les orifices de la bête. Il longe le mur, dos au monstre qui ne voit que les faces, et se précipite sur son cou dès lors qu'il est à quelques centimètres. Tout se passe très vite. Plonger les bras dans les cavités néo-prontozoïdes, conjurer le sort en croisant les doigts dans l'organe, souffler sur l'oeil surpris, chanter l'Internationale à l'envers et le tour est joué.
Notre ami essuie ses mains sans s'occuper du corps se métamorphosant en brume effilochée, et peut tranquillement aller ouvrir la porte aux livreurs de colis.
Commentaires
Ouf il a eu chaud le Couglauphe...alors y'a quoi dans ce colis ?
Into the box ?