A ceux qui se méfient des affirmations déguisées, je réponds d'un signe de la main au sens multiple. Le réel dépasse la métaphore ?

- Si vous le dites, c'est beau dans l'oreille mais ça ne veut rien dire. On dirait de la propagande philosophique.
- Ah mais c'est sorti du contexte !

Soyons clairs. La métaphore se propose de définir un fait, une catastrophe (cata-strophe chez les philosophes bavards) par le biais de l'image évocatrice. Aller au-delà, c'est découvrir le fait réel qui est cette image évocatrice, sans tricher. Suis-je clair ? Comme l'eau qui file entre la roche. Là, je crois que j'ai mis ma phore.

La direction des regards, donc. Elle se fait par la façon dont est organisé le lieu de l'évènement. Nous sommes immobiles et installés. Rien ne nous fera changer de trajectoire. Chacun a trouvé sa place dans le brouhaha du remplissage, chacun a positionné son corps dans une ligne du quadrillage. Si l'un de nous ose changer, pivoter, son entourage s'adapte et durcit sa position.
Attention, on ne s'adapte pas nécessairement en durcissant sa position, mais dans le fait énoncé ici c'est comme celà que les choses se font. C'est qu'une partie de l'espace est à observer, et qu'une autre paraît n'avoir rien à offrir. L'espace qui nous occupe ici et que nous occupons, et oui, est ainsi fait. Néanmoins on remarque que certains ont choisi de consacrer à la partie inutile, à croire qu'ils y trouvent une véritable utilité, et que cette notion utile-inutile est totalement inutilisable ici.

Et que vois-je, moi qui suis impliqué dans une direction ? Certains se mettent à utiliser les diagonales ! Ils sont en coin et arrondissent, ils cassent et tranchent nos lignes, ils inventent de nouvelles perspectives. Je dois tourner la tête pour mieux saisir l'enjeu. Ce n'est pas tant qu'ils les inventent, ces nouvelles perspectives, ni tant qu'elles sont nouvelles, ces nouvelles perspectives ; elles existent d'elles-mêmes mais nul ne les parcourt. Je dis ça car ils n'ont aucun effort, sinon d'agir selon ce qui leur semble le plus naturel, à fournir dans leur attitude diagonale. Ils prennent cette direction sans façon apparente, et je remarque que certains de mon groupe se sentent gênés. On leur coupe la route sans passer par les intersections.
Mais c'est que ça me tente moi, les diagonales ! C'est exotique, ça vient d'un autre monde ! Mais j'ai beau essayer, ça ne fonctionne pas. Mes articulations son tellement habituées aux abscisse et ordonnée que ça bloque. Alors je quitte le groupe et je marche dans les couloirs angulaires. Et dès que je vois une courbe, je m'y glisse.

Avec un peu d'entraînement, je deviendrai fils de la diagonale.