LA PANTHERE NOIRE VOLUME 1
Par Wade Wilson le lundi 25 juin 2007, 00:08 - BDcédaire - Lien permanent
Christopher Priest est un petit gars qu’on pourrait qualifier de génie. Un scénariste qui détonne et qui se plaît à composer des intrigues bien barrées et complexes agrémentées d’une forte doses d’humour bien sentie. Le genre de gars qui colle parfaitement avec le personnage déjanté de Deadpool, et qui parallèlement à cette série, a œuvré sur celle de la Panthère noire en 2000. Suivez le gus, ça en vaut la peine.
Le volume 1 des aventures de la Panthère noire réunit 15 aventures du justicier africain, qui règne sur le Wakanda sous le nom de T’Challa. Un personnage qui a évolué au sein des Vengeurs, l’équipe de justiciers américaine number one. Mais ici, T’Challa se retrouve confronté à des problèmes bien plus personnels et fait cavalier seul afin de se dépatouiller de la mouise dans laquelle l’a foutue ce sacré Christopher Priest. Parce que dans le genre bien barré, le type se pose là; quand on lit l’intro du premier épisode, on commence à comprendre que ça va pas être commun: " Je me suis demandé ce qu’il faisait avec cette grande cape. Okay, sa petite capeline, ça faisait un peu chochotte, mais EN UNE NUIT, il avait changé de look. J’aurai dû APPELER quelqu’un. A la place, je lui ai apporté du THE. Ca me paraissait indiqué." La singularité de Priest réside dans l’humour absurde qu’il instille dans ces intrigues, et qui permet de développer des personnages riches et complexes.
Le narrateur de ces épisodes s’appelle Everett K. Ross, il est américain, et attaché protocolaire auprès du souverain du Wakanda. Il est coincé, trouillard et maladroit. Et il manie une sorte d’humour noir qui lui permet de faire retomber la pression de ses faibles épaules. Par exemple, lorsqu’il découvre un dossier intitulé « GALACTUS mesures et procédures d’urgences » : « W’Kabi, c’est une blague! Vous avez un plan d’urgence au cas où Galactus rappliquerait? - Comme tout le monde. - C’est ça. « En cas d’attaque du dévoreur de mondes, briser la vitre, tirer le levier, former une file indienne et quitter la planète calmement! ». Le contrepoint parfait du héros mystérieux et droit que représente T’Challa. Cet antagonisme consolide justement le lien fluctuant entre les deux hommes, et Priest va s’en donner à cœur joie pour développer les paradoxes comme celui-ci.
Les intrigues mises en place par Priest vont faire travailler les neurones du lecteur, qui va s’évertuer à essayer de comprendre les différents enjeux et les diverses implications des personnages. La Panthère noire est le type de héros parfait, ayant toujours 3 ou 4 longueurs d’avance sur ses ennemis, et Priest va en profiter pour balader le lecteur dans des récits dont il est peu probables de déterminer l’issue au vu des ingrédients mixés. 
La technique de Sal Vellutto au crayon revêt des contours cinématographiques, et ses planches apparaissent comme des montages vraiment bien agencés. L’humour de Priest est très bien rendu par les montages alternés et les plans répétés qui accentuent le côté absurde des situations.
Priest manie la dérision avec une extrême précision, et il détourne les codes habituels des comics pour en faire ressortir l’aspect comique dans des situations souvent tendues et périlleuses. Voir la scène de Hulk au night-club, hilarante, où l’excellent crossover avec Deadpool. Mais en même temps, il décortique les pulsions humaines, bonnes et moins bonnes, pour donner quelques échelles de valeur qui déterminent une vision paradoxale du monde, oscillant entre un pessimisme salvateur et un optimisme parfois dangereux. Perte du pouvoir d’achat, Hydro-Man, manipulation des masses, voyage au royaume de Cauchemar, complications diplomatiques, extra-terrestres… Les sujets traités sont vastes, et la plume de Priest développe tout ce joyeux bordel pour en faire un monument d’absurde et de non-sens. 
Et pour finir, un petit florilège de dialogues bien sentis qui devraient achever de vous faire une idée:
« Sam Wilson était travailleur social à Harlem. Une mouette radoactive l’a mordu, et, depuis, il est… LE FAUCON. Je crois que ses super-pouvoirs se limitaient à parler à son OISEAU et à faire du collard en pots. »
« Daniel Rand était un multi-millionnaire, qui s’agitait dans tous les sens, en collant-de-fête jaune et vert. Carl Lucas a fait un séjour injuste en prison où… heu… où il est tombé dans une cuve de porridge et est devenu Luke Cage alias POWERMAN. »
Triathlon qui débite un beau laïus à Deadpool: « Tu devrais poser ton arme. Ecoute… Tu sembles chercher quelque chose qui manque vraiment à ta vie. On peut partager des choses ensemble, si tu veux. (temps suspendu) - Dis-moi qu’tu vas pas m’embrasser. -J’vais pas t’embrasser. -C’est bon. On s’casse.
« La caisse de Ma était un vieux pick-up. Dans mon MONDE à moi, c’était une Mustang décapotable. Ma passagère était blonde, et Rex arborait un collier clouté de diamants. En vérité, c’était le Vaisseau Enterprise. La Mustang, c’était un mensonge pour les potes. Il y a comme ça PLUSIEURS NIVEAUX d’aveuglement dans le monde-pour-rire… y a les histoires pour les POTES et celles pour SOI-MEME. Ca permet aux p’tits gros de garder la tête hors de l’eau. »
Commentaires
C'est le même que l'écrivain de SF ? Auteur du Prestige (voir le film) ? Auteur du Monde inverti (roman de SF que j'avais beaucoup aimé) ?
Je ne pense pas, mais on ne sait jamais. Il a bien fait une novellisation d'existenz, film qu'il n'a par ailleurs pas aimé, ce sur quoi je le rejoins.
Sinon, la Panthère Noire, c'est quoi ses pouvoirs, putain !?
Non c'est pas le même Christopher Priest, navré de te décevoir JB. Sinon pour répondre à Cyr, tout est dit dans le nom du héros.
D'accord, il se transforme en panthère. Un peu comme Manimal, mais en plus obsessionnel. Et pourquoi il fait ça ? Magie noire ? Tombé dans les pattes d'une panthère radioactive quand il était petit ?
Attention les gars aux avalanches de billets (même s'ils sont très cool), laissez le temps aux visiteurs de lire les précédents.
En une journée 3 billets ça fait beaucoup les filles, impatientes va !
La Panthère Noire est le premier super-héros noir né sous la bannière Marvel. Il apparaît pour la première fois dans l'épisode 52 des Fantastic Four daté de juillet 1966. Il ne se transforme pas en panthère mais possède une agilité et une force comparable à cette dernière, et bénéficie de tout un panel de gadgets technologiques de haute volée qui en font un super-black avec qui il faut compter.
Alors !? Manimal ou Mc Gyver ?
Pas du tout Manimal... Pas vraiment McGyver non plus... En fait c'est comme un croisement entre Batman pour le côté dark et mystérieux, et Denzel Washington pour le côté droit et silencieux (même si Denzel j'accroche pas trop).
Attends !! Denzel Washington, c'est un super-héeos ? Nom de dieu !!
Attends !! Denzel Washington, c'est un super-héros ? Nom de zeus !!
pas vraiment, mais Samuel Jackson oui, il va jouer Nick Fury dans le prochain Iron Man, et ça c'est cool!