MAGNETO: A BOUT PORTANT
Par Wade Wilson le lundi 13 août 2007, 18:53 - BDcédaire - Lien permanent
Centré sur l'une des figures les plus emblématiques de l'univers mutant, ce récit datant de 1993 met en lumière des aspects du passé et de la nature du leader de la suprématie mutante. Magnéto est une figure incontournable de l'univers Marvel depuis sa première apparition en septembre 1963 dans le premier numéro d'Uncanny X-men, et cette histoire rend bien compte de l'évolution du personnage...
Paru en 1994 dans la collection Top BD éditée par Semic, ce récit consacré à Magnéto approfondit considérablement la connaissance de l’ennemi le plus redoutable des X-Men. Sa particularité première est de ne montrer le leader de la suprématie mutante que dans quelques flashbacks et à la fin. En fait, plusieurs personnages marqués à vie par Magnéto vont tenter d’anticiper son retour sur Terre alors qu’il est censé être mort dans l’espace. Adrian Eiskalt, qui a vu son frère mourir devant lui sous les pouvoirs de Magnéto, rumine sa haine depuis 7 ans. Il est mis en rapport avec une société possédant un arsenal capable de détruire le maître du magnétisme. Le Dr Gabrielle Haller, rescapée des camps de la mort, veut bien arrêter Magnéto mais ne veut en aucun cas appliquer la loi du talion.
Bien que montrant l’étendue phénoménale du pouvoir de Magnéto, ce récit ne se repose pas sur des scènes d’action gigantesques mais privilégie au contraire une approche intimiste. La souffrance et la haine sur laquelle Adrian Eiskalt bloque depuis des années le consume et le transforme, il oscille entre sa soif de justice personnelle et une volonté de débarrasser le monde d’un danger sans égal. En usant de l’image de Magnéto, l’auteur Fabian Nicieza démonte les mécanismes engendrant la peur, la haine et la vengeance, et montre que la folie n’est pas loin. 
La comparaison entre Magnéto et Adolph Hitler est faite à plusieurs reprises, et elle repose sur différents points: la suprématie de la race que chacun veut imposer, la peur que chacun instillait dans ses rangs afin de se faire obéir, et la foi/folie en ses actes et en la vérité de son idée. Le pouvoir de Magnéto, apparut alors qu’il était enfermé à Auschwitz, le décidera paradoxalement à répéter la folie humaine à laquelle il a survécu. Rescapé des camps nazis, Erik Lehnsherr, le jeune gitan, deviendra le redoutable Magnéto et tentera de rassembler l’ensemble de la communauté mutante autour de lui afin de soumettre les non-mutants.
Description de la folie d’un homme, de sa foi en son aveuglement, A bout portant soulève des questionnements sur la nature profonde de l’être humain et sur sa dualité par rapport au Bien et au Mal. Loin de certaines aventures axées sur l’action au détriment de la qualité du récit, cet épisode traite avant tout de l’humanité de ses protagonistes. Et la fin, qui voit le retour de Magnéto, se fait dans la discrétion , dans la douleur et dans le pardon. C’est subtil et très touchant, et le personnage en ressort avec une aura toujours trouble, mais encore réaffirmée…
Ce récit est suivi d’un second dans une veine tout aussi introspective, relatant la survie de 3 X-Men suite au crash de leur vaisseau en Antarctique. Cyclope, Tornade et le Professeur X vont mettre en oeuvre leurs capacités pour survivre face à une menace mutante bien décidée à les anéantir. Même s’il n’égale pas la force évocatrice du récit précédent, Suivez le guide propose un scénario qui va mettre chaque personnage dans une situation handicapante afin de voir comment celui-ci va réagir. Par exemple, Cyclope ayant perdu ses lunettes de protection, est pareil à un aveugle, car il doit fermer les yeux pour contenir sa rafale optique. En jouant sur les faiblesses de ses personnages, Scott Lobdell démontre leur force de caractère et leur volonté de s’en sortir.
Insistant particulièrement sur les liens qui unissent les membres des X-Men, Lobdell sous-tend son récit d’une trame qui développe les thèmes de fraternité, de respect et de sacrifice. Dès lors, les scènes d’action s’en voient grandies, et leur impact est d’autant plus violent.
Deux récits intelligents et humains, ça ne fait pas de mal, et ça change de la surenchère qui guette de temps en temps dans le monde du comics...
Commentaires
L'histoire sur Magnéto donne pas mal envie. Bon, j'ai un peu de retard en comics, mais je m'y remettrai sans doute un jour. Je me suis arrêté aux premières guerres secrètes, avec le Beyonder et tout ça. Je devais avoir... pas plus de 10 ans. Il y avait des jumeaux, à mon école, qui étaient des fans de comics (avec figurines, jouets, tee-shirts, etc.) et qui ramenaient des Spidey chaque semaine pour qu'on puisse les lire nous aussi. On se battait dans la cour de récré pour pouvoir les lire en premier.
J'ai jamais compris pourquoi les bibliothèques municipales avaient toute la série des Achille Talon, des Lefranc, des Scrameustache, mais pas de comics. Les libraires devaient être sectaires (un peu comme ceux qui refusent d'acquérir des mangas aujourd'hui).
J'étais fan de Spiderman, des Xmen et d'une autre série (je ne sais plus si c'était dans Spidey) qui s'appelait la division Alpha. Je détestais Captain America. Ca veut dire quelque chose à ton avis Wade ?
Pour ma part j'étais un lecteur assidu de Strange pendant ma période post-ado, et j'ai eu une envie nostalgique de retrouver ces personnages la vingtaine passée. En fait je navigue entre la multitude de séries existantes, découvrant des personnages au fur et à mesure. La gamme est hyper-variée, surtout quand on sait que ne sort en France qu'une partie de la production existant aux US! Comme tout le monde j'étais fan de Spidey, le super-héros avec une bonne touche de fragilité en plus... Sinon la Division Alpha c'était du très bon aussi d'après mes souvenirs, et ça se trouvait également dans Strange... Par contre le fait de détester Captain America montre que tu n'as rien d'un capitaliste je présume, c'est tout ce que je peux dire. Mais aie au moins le respect dû aux morts, ce cher Captain ayant tragiquement disparu (pas encore en France...). Paix à son âme...
il a l'air d'avoir un gros paquet, ton ixemaine au rayon lazer qui sort des yeux.
putain j'avais pas vu! Faut croire que ça l'excite d'arroser à tout va avec sa rafale!