Captain America, le leader des opposants au projet de loi visant à révéler l’identité secrète des super-héros et à les enrôler au sein du gouvernement, est devenu un prisonnier de guerre. Alors que la victoire était acquise à son camp, la vision de l’étendue dévastatrice des dégâts causés par le conflit va lui faire prendre conscience de l’absurdité de la situation, et surtout du danger dans lequel les deux camps ont mis les citoyens américains alors que leur but premier était surtout de les protéger. Suite à sa capitulation, Steve Rogers attend son jugement pour trahison. Et c‘est lorsqu‘il monte les marches du tribunal où il va être jugé, entouré par une foule nombreuse partagée entre partisans et détracteurs, qu‘il va être victime d’un sniper. Steve Rogers s’écroule, et ses ennemis ne vont pas lui laisser la moindre chance, puisqu’un coup de poignard va lui être fatal. Allongé sur les marches du palais de justice, Steve Rogers n’est plus. Captain America est mort.



Cette mort brutale est un véritable électrochoc dans l’univers Marvel, puisque les scénaristes se sont attaqués ici à un personnage d’envergure. Les héros de seconde zone font souvent les frais des batailles sans merci faisant rage dans les comics, mais en réduisant en cendres le symbole du patriotisme américain, Marvel frappe très fort. Le contexte de cette guerre civile revêtait déjà des connotations bien distinctes par rapport à la politique actuelle, mais ce désastre reflète le caractère irréversible de celle-ci. Le verdict est sans appel, et la nouvelle ère s’annonce dramatique.

La mort de Steve Rogers est une tragédie pour les deux camps, puisqu’il avait des amis des deux côtés. Elle met un terme définitif à cette terrible guerre intestine, et sonne le glas d’une ère révolue où la distinction entre les «bons »  et les «mauvais » pouvait encore se faire aisément. Quand vous retrouvez un Iron Man manipulateur et prêt à déclencher une guerre afin de pouvoir faire passer une loi transpirant la dérive sécuritaire, le point de non-retour est atteint. La détermination d’Anthony Stark fait froid dans le dos, et toutes ses années passées à lutter contre le mal volent en éclat après l’accomplissement de son plan secret. La déchéance d’Iron Man est totale, et le destin se veut ironique, puisqu’il accède à la fonction de directeur du S.H.I.E.L.D., organisme high-tech chargé de la sécurité intérieure.



Le contexte post-Civil War est donc extrêmement pessimiste, et va voir l’établissement du plan des 50 états prôné par Stark, baptisé l‘Initiative: une super-équipe gouvernementale par état pour assurer leur protection. Et pendant ce temps, les Vengeurs secrets (qui comprennent entre autres Spider-Man, Dr Strange et Wolverine) continuent leur lutte contre le mal tout en essayant d’échapper aux autorités. Les jours à venir semblent bien tristes…

Après avoir survécu à la seconde guerre mondiale durant laquelle il a combattu les forces de l’Axe, puis après avoir été un modèle représentatif lors de la Guerre froide, Captain America a probablement livré son combat le plus destructeur d’un point de vue personnel en se retrouvant opposé à ses anciens alliés, notamment son ami Tony Stark. Et il meurt aujourd’hui, vestige d’une époque révolue où l’optimisme et la foi prédominaient. Cette confiance fondamentale aura été ébranlée par ce conflit fratricide, et aura trouvé sa résolution de la manière la plus tragique qui soit. Captain America est mort, et une époque s’achève…