Pour faire court: suite à l’application d’une loi stipulant que tout individu masqué ayant des pouvoirs doit se faire recenser auprès du gouvernement, deux camps se dessinent: les pro-recensement centrés autour d’Iron Man, et les dissidents qui se cachent avec Captain America. Toutes les revues Marvel actuelles traitent ce grave problème, et ce Monster en fait de même. Sa particularité est de nous présenter des personnages plus secondaires dans l’univers Marvel et d’offrir une étendue plus large des nombreux impacts de cette loi.





Première série présentée, les Thunderbolts. Une équipe apparue en 1999 alors que les plus grands héros de la Terre ont été tués par le maléfique Onslaught. Les Vengeurs, les Fantastiques, tous morts? En fait non, il faut juste ajouter une histoire de dimension parallèle pendant un an, et puis ils reviennent… Trop lucratif quand même hein! Bref, les Thunderbolts profitent de l’absence momentanée de la plupart des héros pour apparaître et devenir la nouvelle équipe à la mode. Sauf qu’au lieu de héros, il s’agit en fait des Maîtres du Mal déguisés! Et c’est là tout l’intérêt des premiers épisodes, qui jouent sur l’ambiguïté des personnages, certains trouvant cette nouvelle vie à leur goût tandis que d’autres jouent leur double jeu sans se poser de questions.





Les épisodes présentés ici sont de facture classique, et l’histoire avance tranquillement sans faire de heurts. Pas inintéressant, mais pas captivant non plus. Les Thunderbolts poursuivent une tentative de réhabilitation (leur identité de Maîtres du Mal est maintenant connue) qui n’est peut-être pas sincère pour tout le groupe. On dépoussière les vieux scénars et on continue… Ces épisodes sont intéressants car ils permettent de mieux apprécier le plan des pro-recensement (Iron Man pour ceux qui suivraient pas) qui s’annonce plus que dangereux: lever une armée composée de repris de justice obligés de bosser pour le gouvernement. Avec des pointures comme Venom, le Bouffon vert, Electro et j’en passe… Une idée lumineuse due au leader de l’ex-équipe des Fantastiques, le Dr Richards alias Mr Fantastic. Ces trois épisodes posent donc les bases du beau bordel qui s’annonce…





Autre série, autres mœurs: Cable & Deadpool, ô combien attendue par moi! L’alliance entre le soldat venu du futur et le mercenaire psychotique est plus que fragile, surtout dans ces 3 épisodes qui voient les deux héros prendre des chemins opposés. Ces épisodes valent surtout pour Deadpool qui n’a rien perdu de sa gouaille et de son énergie dévastatrice. Exemple lors de l’apparition surprise de Cable et Deadpool dans le Bureau Ovale; après que Cable ait expliqué sa volonté d’entamer un dialogue avec le Président, ce dernier dit: « Dites ce que vous avez à dire. » La situation est plus que tendue, les gardes armés sont à deux doigts de faire feu. Deadpool en profite vu qu’il est plié en deux depuis un moment: « M. le président… Je dois pisser. » Un ange passe, et le président: Troisième à droite. Que l’un de vous l’accompagne. » Deadpool: « Merci, z’êtes le meilleur. Oh, hé. Pas besoin de m’accompagner, je sais y aller seul depuis que j’ai quatorze ans… Vous savez que je suis avec vous, hein? J’ai même un badge. » Un grand moment parmi d’autres dans cette série qui doit beaucoup à la personnalité allumée de Deadpool et où Cable apparaît comme un bon faire-valoir. Deadpool, c’est le meilleur, et il suffit de voir son combat contre les Champions des Grands Lacs ou contre les rebelles pour mesurer son degré de folie et d’humour barré.





Viennent ensuite les Héros à louer, nouvelle composition d’une équipe qui avait été crée par Luke Cage qui se baladait alors en chemise jaune sous le nom de Power Man, et de l’expert en arts martiaux Iron Fist. Ici, place au glamour avec quatre belles plantes, un Bruce Lee et un gars… bizarre. Les beautés, ce sont Colleen Wing, samouraï mi-américaine mi-japonaise; Tarantula, une Latino dévastatrice un brin déjantée; Black Cat, célèbre ennemie de Spider-Man; et Misty Knight, Foxy Brown moderne qui n’a pas froid aux yeux ni ailleurs, comme ses copines en fait… Le Bruce Lee se nomme Shang-Chi et est aussi efficace que détendu. Sa maîtrise des arts martiaux est redoutable, et son calme impressionnant. Reste Humbug qui, coincé dans son costume de latex, est capable de communiquer avec les insectes. Il assure le quota dégueu en rameutant tous les cloportes et autres blattes de la création. On peut dire qu’il fait un peut tache aux côtés de ces bombes, mais il est bien là. Humour, action, le cocktail est vif et percutant, et cette série vaut plus que son simple attrait sexy… Humbug: « Un monstre chinois ancestral qui mange de l’or… Shang-Chi: -Le Pixiu a violé une loi du paradis, alors l’Empereur de Jade l’a puni en réduisant son alimentation a de l’or et en l’empêchant de déféquer. Humbug: - Et les gens me trouvent dégoûtant? »





Et enfin, le retour de Carol Danvers alias Miss Marvel, super-héroïne aux pouvoirs redoutables lancée à la poursuite des dissidents. C’est dans ces trois épisodes que la lutte entre les deux côtés est le plus tragique, les anciens amis semblant se diriger vers un point de non-retour. Ces épisodes accentuent l’impact humain de cette loi et ses retombées irréversibles. Plus sociale et plus touchante, cette série n’en est pas moins dénuée d’action. L’interpellation sur l’autoroute est à ce titre impressionnante… Les doutes quant à cette mission de pacification, les questionnements quant à la justesse de cette loi sont évoqués avec tous les sentiments de culpabilité ou de honte qui peuvent apparaître.

Dans ce monde semi-totalitaire qu’est en train d’engendrer Iron Man, les factions résistantes de Captain America vont-elles réussir à renverser la situation? Encore deux mois, et la réponse sera donnée…