MY COMICS SHOP (1): THE PUNISHER 7: LES NEGRIERS
Par Wade Wilson le samedi 15 septembre 2007, 11:28 - BDcédaire - Lien permanent
C’est la rentrée, et j’en profite pour faire peau neuve. Exit les Chroniques de l’arrière-boutique, qui seront remplacées par une autre rubrique mélangeant des œuvres d’actualité marquantes avec des raretés méritant d’être exhumées. Le tout devrait être un peu plus poussé, du moins je l’espère. Pour l’instant, j’ouvre une autre nouvelle rubrique destinée aux comics, qui se voudra elle aussi davantage engagée en traitant d’œuvres plus radicales, centrées sur des auteurs et des personnages incontournables du genre.
Première intrusion avec le tome 7 des aventures du Punisher dans la collection Max. Ca fait du bien de revoir ce bon vieux Castle…
Pour la petite histoire, le label Max est la ligne adulte de Marvel Comics, c’est la réponse logique au label Vertigo de chez DC (The Authority, Top Ten, Preacher, Transmetropolitan…). Et elle permet de publier des récits beaucoup plus violents et sanglants que ceux que l’on trouve en kiosque.
Pour tout de suite mettre les choses au clair, il n’y a qu’à donner le nom du scénariste: Garth Ennis. Ca devrait suffire à vous mettre la bave aux lèvres, non? Depuis 2000, c’est lui qui régit exclusivement l’existence du Punisher, et son choix de le mettre en retrait du monde classique Marvel s’avère payante. Ici, pas de combats entre super-héros costumés, pas de rafale optique ou de colosse surpuissant, mais une ambiance polar avec des ruelles sombres et suintantes, des truands sans pitié et des flics pourris. Bienvenue dans l’univers de Frank Castle, ex-Marine devenu vigilante suite au massacre de sa famille. 
Garth Ennis prolonge les chemins tortueux empruntés pour son Preacher et nourrit son récit avec le même désespoir teinté d’humour noir. Pour cette mini-série intitulée Les Négriers, Ennis met de côté les habituels trafiquants de drogue et autres mafieux pour plonger le Punisher dans les arcanes de la prostitution. Après avoir sauvé une jeune femme des griffes de ses esclavagistes, il va apprendre l’existence d’un réseau de traite des blanches dirigé par des mercenaires moldaves. Le premier épisode met l’intrigue en place efficacement en intégrant une émotion assez inédite pour le personnage, avec une scène poignante entre Castle et sa protégée: après l’avoir ramenée dans son QG, il la laisse se reposer. Quand elle hurle en proie à ses cauchemars, il s’approche, s’assied à côté d’elle et lui tient la main. Elle va lui planter ses ongles jusqu’au sang, mais Castle reste à ses côtés. C’est beau à pleurer.
Ce personnage de Viorica est l’incarnation de toutes ces femmes torturées qui débarquent de l’Est, et le choc des atrocités qu’il découvre va amener Frank Castle à employer des méthodes extrêmes. On ne peut pas qualifier le personnage du Punisher de particulièrement expressif, mais on peut se rendre compte que ses émotions passent généralement par les armes. Et au vu de l’arsenal utilisé pour contrer les proxénètes moldaves, on peut dire qu’il a réellement été touché par l’histoire de Viorica… Le dégoût qu’il ressent lorsqu’elle lui raconte son histoire ne peut que déboucher sur une hécatombe…
Entre l’utilisation d’armes blanches, de pistolet ou de fusil à pompe, Castle n’as que l’embarras du choix. Mais le côté Max du récit tient aux méthodes réellement gores qu’il utilise pour faire parler ou pour tuer ses ennemis: l’éviscération, l’immolation, tout y passe, et rien n’est hors-champ. Et c’est là que ressurgit l’ambiguïté du personnage, qui utilise des méthodes aussi barbares que celles de ses ennemis, et qui applique la loi du talion avec la rigueur d'un psychopathe. Le lecteur se retrouve lui aussi face à ses ambiguïtés, pris d’un côté entre une certaine répulsion pour ces actes de torture et une fascination malsaine à voir des pourritures intégrales se faire dessouder avec leurs propres techniques. Le Punisher fait écho à des pulsions primaires de destruction, à la manière d’un Dexter, puisque ses victimes sont toutes des salopards de la pire espèce.
L’atmosphère très lourde de ce volume doit beaucoup à Ennis, mais aussi au crayon de Leandro Fernandez dont le travail sur les ombres évoque ce que l’on a pu voir sur les Dark Night de la période Miller. Les expressions du visage passant par les rides alors que les yeux sont dans la pénombre, les éclairages sombres coupant les personnages de leur environnement… Différentes méthodes qui enferment les protagonistes dans un espace nocturne et désespéré… 
Si certains personnages respectent une logique à l’ancienne en étant complètement mauvais et en incarnant à eux seuls toute la pourriture de ce bas monde, un soin particulier a été apporté au tandem de flics qui tente de faire plonger les ripoux de leur section. Marcie Miller, la femme-flic coriace pas trop jolie, et Russ Parker, le petit black victime des railleries homosexuelles de ses collègues. Ils apportent une bouffée d’humanité entre un justicier radical et des mercenaires sans pitié. Mais ils représentent aussi la marge de manœuvre très limitée de la police, gangrenée à la fois de l’extérieur et de l’intérieur.
Ce tome 7 se veut donc captivant et sanglant, et je rajouterais juste que les couvertures sont magnifiques. En bonus, une couv que j’adore du prochain Punisher, le bien-nommé Barracuda. C’est pour bientôt…
Commentaires
Garth Ennis est un type particulier.
- Aimeriez-vous scénariser Wolverine ?
G.E. : Je suppose que si j’avais un flingue sur la tête, je pourrais trouver un moyen d’y prendre du plaisir. (universbd.com)J'aime ce genre de réponse.
Pas mal effectivement! Un gars à suivre donc...
Et Hitman, t'as lu ?
Nan, mais ça a l'air bien fun... Style Snake Plissken qui fout la zone chez les super-héros DC. J'en mangerais bien un morceau tiens!
Ok. Ton Snake machin, j'suis obligé de le taper sur google pour comprendre. C'est le personnage central de NY 1997. C'est vrai que si l'on y pense, le Carpenter en question a un côté héros de bédé, cuir et gouaille, gros flingue et bordel. Est-ce que tu connais les références de carpenter pour ce film ?
on dirait bien que tu cherches ... tic tac tic tac tic tac ...
Nan nan je regarde une connerie à la TV... Mais dis-moi je suis bien curieux de l'apprendre...
Ben en fait j'en sais rien, je me posais juste la question ... désolé de te décevoir sur ce coup.
Damned! Moi qui m'étais fait une joie...
A vrai dire, tout ce que j'ai pu lire à ce sujet ( NY 1997), fait référence au western. Exemple : Fidèle à son amour du western et des films de genre, Carpenter va créer le desperado moderne qu'est Snake Plissken en pensant à Eastwood et engager comme acteurs Lee Van Cleef qui travailla avec Sergio Léone et Isaac Hayes star de la Blaxploitation.
A croire que ces gens-là n'ont jamais mis le nez dans The Punisher. Même si les caractères sont assez différents, leur aura me semble comparable. Non ?
ouais, le Punisher est quand même limite sociopathe lui. Mais j'accroche bien sur le concept très glissant de l'auto-justice.
Il me semble, même si la vision est lointaine, que ton pote Snake a quelques débordements lui-aussi. Ce sont des sanguins, qui réagissent avant de réfléchir. Dans les deux cas, le monde futuriste est présenté comme une régression humaine.
Attention pas de monde futuriste chez le Punisher mon ami! Tout est contemporain. Snake c'est aussi un p... de personnage, et je ne vois franchement pas l'intérêt de refaire NY 1997 avec Gerad Butler. Franchement, la mode actuelle des remakes me saoûle...
Bah, les Punisher dans lesquels j'ai pu mettre le nez sentaient le cyber-punk à plein nez !!
Wade, si t'as l'occaz', essaies de lire les trois premiers Punisher d'Ennis en 100% Marvel. Aussi violent que les aventures en collection Max, on y fait la connaissance du russe, entre autres joyeusetés. C'est drôle et vraiment Hardcore niveau violence.
Mes premières lectures de comics, pendant mes heures de creux à la Fac de Nanterre, et un squat intensif du rayon bd de la Fnodhzh de la Défense...Nostalgie...
Je pense essayer de me faire une intégrale du personnage, je vais piocher dans toutes les périodes...
Y'a aussi le cross-over avec Wolverine et les mafieux nabots...Un régal!
C'est quoi le titre?
En fait, si mes souvenirs sont bons, ce doit être le 5ème ou 6ème punisher sorti en 100% Marvel. Je crois qu'il est encore disponible en librairie. Prépares-toi à rire un bon coup en le lisant, c'est tellement débile!
Dans 3 jours sortent simultanément Punisher 8 et Preacher 2. Avis aux amateurs...
Dexter, la série, est rapidement évoquée dans ce billet; alors désolé pour Punisher, mais faut que je le dise, la saison 2 de Dexter est une perle atomique, une bombe nacrée. Sérieux, elle est bien meilleure que la première : introduction de nouveaux personnages chiadés, approfondissement des personnages secondaires, idée de base de la saison aussi simple que géniale pour relancer l'intérêt, bref je m'éclate comme une bête avec ce qui se fait de mieux en thriller à ce jour !
tiens donc, Marc Balta semblait septique. Peut-être ne l'est-il plus du tout. A suivre.
Si les journées pouvaient durer plus longtemps, je me serai déjà fait l'intégrale de Dexter...
Mais ils durent plus longtemps ! On ne te l'a pas dit ? ça fait parti des nouvelles réformes ...
Il était sceptique sur la première ou la deuxième saison ? Sur la première, je peux comprendre; sur la deuxième, il faut vraiment être très vertueux pour pas prendre son pied !
non non, pas sceptique du tout! Un simple problème temporel pour allier films, séries, comics... Ah oui et travail aussi!
Tiens je profite de ce billet pour évoquer ma vision du Punisher avec Thomas Jane hier soir...
Yep, bon ben j'attends encore une adaptation digne de ce nom!
Méchants pas charismatiques, pathos lourdingue et ça défouraille pas suffisament...
En attendant le Death Sentence de James Wan.
Le Punisher 2 sera réalisé par Lexi Alexander, la réalisatrice de Hooligans. M'est avis que ce sera mieux que la trahison signée Hensleigh. Et Death Sentence s'annonce sévère. A voir le 16 janvier...