Enfance du jeune Proligère (1)
Par Cyrille le mercredi 28 septembre 2005, 19:07 - Monsieur Proligère - Lien permanent
Bi-cross !!
Qui l’a vu le cru de mon pion ? En étamines diluées, compressées de mortes peaux il s’est fait une butte. On a pris l’ornière nous autres les Zamiatines, à vélo Raleigh à jantes pleines, on a glissé nos pêches dans le trou, on a concassé le poil en gilet vert, on a bandé nos roues arrières, paires de pieds, lancés les rayons de nos cons en doigts. Qui l’a vu le cru de mon pion ?
Il fallait suivre le tiôt, grand souffle d’Arabie, sans perdre la seconde. Nous-mêmes avions la force au cul, portant le poids de nos survêtements sur la pédale blessante. J’étais je me souviens le type au nerf souriant, jeunôt timide et plein de sueur en culotte, dont la force résidait en silence dans les sœurs pulmonaires. Il fallait le suivre, putain le tiôt !
Combien de croûtes, combien, on aurait fait des quiches pour les Jéhovah si on avait su. C’est qu’il y avait du fer doré pour la rêche, et des clins d’œil salaces. Nous autres les Zamiatines avions pris l’ornière et de l’élan. On savait l’envol prochain, déjà les cuisses prenaient de la braise. Les fesses quittèrent les selles. Combien, combien de croûtes.
Enfin le tiôt disparaissait dans les hauteurs, faisait la figure en se tordant, que l’autre s’envolait. Puis j’y allais de mon tour de rein pour rebondir en douleur sur la terre. De là-haut, il n’y avait rien. Nous autres les Zamiatines faisions un tour de piste, ralentissant sans ordre, pour souffler sous le pin monstrueux. Les Raleigh ronronnaient. Que déjà le tiôt repartait.
On avait pour nous autres un circuit plein de sens. La mairie avait aéré trois pelleteuses, un terrain vague près du lavoir, et nous avait concocté un Eden de bicross. Ici, ni cimetière indien, ni ruines extraterrestres, mais de la terre sèche et du buisson. Et combien, combien de croûtes.
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