Après une cinquantaine d’épisodes sous la bannière Marvel Knights, Ennis prend du galon et passe au niveau supérieur avec la collection Max, regroupant des séries plus adultes en raison de leur caractère violent et sexuel. Après un premier volume consacré à l’expérience traumatisante de Frank au Vietnam, ce deuxième reprend la chronologie habituelle en confrontant le Punisher à des mafieux bien retors et à des agents du FBI dépassés par les événements.

Aussi sombre et torturé que soit le Punisher, il faut savoir qu’il n’en a pas moins eu un allié de poids en la personne de Micro. Celui-ci planifiait les opérations de Frank grâce à ses capacités informatiques et sa maîtrise de l’électronique. Mais leurs routes se sont séparées lorsque Micro a tenté d’arrêter le carnage, ayant pris conscience de l’engrenage irréversible de la violence et des victimes innocentes qui trinquaient toujours. Ils se sont donc séparés, et ne se sont plus revus depuis.



Ce second tome intitulé Au Commencement… relate donc les retrouvailles tendues entre les ex-équipiers, d’autant plus violentes qu’ils sont dans des camps diamétralement opposés. Micro bosse pour une organisation secrète qui souhaite enrôler Castle, mais ce dernier ne fait confiance à personne. Autant dire que la négociation va être difficile…

Le dessin de Lewis Larosa donne aux personnages des allures bien distinctes, avec des mafieux sortis tout droit d’un film de Scorsese. Ce récit étale une violence crue où les tripes explosent et les crânes se vident, Frank agissant sans aucune pitié pour la vermine qu’il compte éradiquer. Les séquences choc se multiplient, certains passages étant franchement gores. On est évidemment bien loin de Spider-Man et des X-Men

Au Commencement… est le début d’une nouvelle ère pour la paire Ennis-Punisher, qui donnera encore naissance à une cinquantaine d’épisodes avant que le scénariste passe le relais à Matt Fraction. Une ère faite de sang et de souffrance, qui plongera le lecteur dans l’enfer de la prostitution, du trafic d’armes et de la guerre en alternant réalisme et humour noir selon les récits, ou en les mêlant parfois. En tout cas, le travail d’Ennis vaut le coup d’œil, et son passage aura probablement été le plus sauvage sur la série.