Un peu d'histoire pour commencer, Reiko Ike est née 25 mai 1953 au Japon.

Au début des années 70, la Toei découvre le petit oiseau rare (1m63) dans une boite de nuit. Reiko Ike tourne son premier film en 1972 "Onsen mimizu geisha" sous la tutelle du grand Norifumi Suzuki.
A eux deux et souvent accompagnés de Miki Sugimoto, ils nous gratifieront de plusieurs grands moments sexy et violents durant les années 70. Elle croisera aussi la route de grands bonhommes du cinéma japonais comme Kinji Fukasaku et Teruo Ishii.


La belle marquera les esprits et deviendra "culte" grâce à ses rôles de femmes fortes et solitaires, utilisant autant les armes que leur corps pour faire triompher la justice ou la vengeance. L'ultime "Femme Yakusa" c'est elle.



Pour preuve la vie rejoignant quelques fois la fiction (ou l'inverse), la belle Reiko a eu des démêlés avec la justice pour des histoires de drogues et de jeux illégaux....une vraie rebelle comme Miss Ocho sont personnage emblématique.



Après 1979, Reiko Ike disparaît de la circulation suite à son mariage et c'est tout récemment qu'elle a retrouvé les honneurs des projecteurs grâce à la sortie en DVD de la plupart de ses films (en zone 1 bien sûr) à travers la collection Pinky Violence de Panik House Entertainment.



Mais notre belle idole du soleil levant ne doit pas son succès qu'a ses apparitions cinématographiques, la belle a aussi sortie des disques et pas n'importe lesquels. Pour s'en rendre compte il suffit de jeter un seul coup d'œil au look de son album de 1971 "Kôkotsu no Sekai" récemment réédité par Tiliqua Records.



Reiko Ike n'a pas froid au yeux et annonce la couleur clairement, sa musique va être sexy , langoureuse et sensuel....après écoute c'est plus que vrai ! Sur des mélodies mélancoliques, pop, Reiko Ike chante, couine, ronronne, raconte....grrrrrrrrrr......c'en est presque indécent.
Comme ses films les plus "hot", ce disque est un plaisir confidentiel, un de ceux qu'on s'offre dans l'intimité à l'abris des regards....grrrrrr.....par moments la voix, les miaulement de plaisir, se mêlent et créent des moments inédits aux frontières de la musique expérimentale.



Mauvaise nouvelle pour ceux qui ont déjà les yeux ronds et la bave aux lèvres ce disque est déjà épuisé, seulement diffusé à 3000 exemplaires, la faim du monde ne pourra pas être étanchée.

Malgré tout dans sa grande générosité Panik House a garni son coffret "Pinky Violence" d'un cd "Reiko Sings" où l'on peut retrouver une partie des morceaux sexy agrémentée de divers morceaux pop et enchanteurs souvent exotiques, chantés par la belle à l'occasion de ses aventures devant l'écran. J'attends Noël pour me jeter sur ce bijou de coffret, pour ceux qui peuvent "lâchez vous" !!!!



Voici grâce à Reiko Ike un cocktail que vos yeux et vos oreilles ne sont pas près d'oublier !


Pour être complet et exhaustif sur notre belle amie voici sa filmographie commentée:

"Onsen mimizu geisha" (1972) de Norifumi Suzuki avec Reiko Ike et Miki Sugimoto : Le premier d'une longue série, a priori une confiserie érotico-barjo comme sait les concocter l'ami Norifumi Suzuki.

"Gendai porno-den: senten-sei inpu" (1972) de Norifumi Suzuki avec Reiko Ike : du même acabi, en plus corsé on dirait, le titre parle de lui même.

"Sukeban gerira" (1972) de Norifumi Suzuki avec Reiko Ike et Miki Sugimoto : Miki ets l'héroîne de cet épisode de "Pinky Violence" au nom anglais plus parlant "Girl Boss Guerilla". Bref des jeunes filles en moto, avec des couteaux quelques fois en tenue de lycéennes (voir la suite "Le pensionnat des jeunes filles perverses"), qui tiennent la dragée haute aux hommes Yakusas ! Ici nos deux actrices s'affrontent pour la première fois sous les noms de Nami (Reiko Ike) et Sachiko (Miki Sugimoto) ! (Dispo dans le coffret "Pink Violence")

"Sukeban" a.k.a "Girl Boss Guerrilla" (1973) de Norifumi Suzuki avec Reiko Ike et Miki Sugimoto : Toujours Miki en héroïne et Reiko en soutien. Suzuki se marre bien et nous aussi, c'est plutôt léger jusqu'au final vengeur. Avec ses prochains films Suzuki passera à la vitesse supérieur, abandonnant le cheap pour plus de grotesque !


"Furyô anego den: Inoshika Ochô" - a.k.a. "Sex & Fury" (1973) de Norifumi Suzuki avec Reiko Ike et Christina Lindberg : L'énorme Sex & Fury où Reiko Ike prend les armes et le premier plan. Un must !!! Chritina Lindbergh en cerise sur le gateau ! Voici les ingrédients de ce cocktail détonnant : espionnage, érotisme, chambara, musique sublime, manipulations, complots, Yakusa.....soit un des fleurons du "Pinku Violence eiga". Idéal pour les froides soirées d'hiver, un concentré de baume au cœur !!! (Cf ma petite critique dans le dernier "Sushi de Proust")



"Terrifying Girls' High School: Lynch Law Classroom" (1973) de Norifumi Suzuki avec Reiko Ike et Miki Sugimoto : en français voici ""Le pensionnat des jeunes filles perverses", flic complètement anarchiste et dingo, où nos héroînes préférées vont affronter le joug d'une école fasciste, un grand moment souvent grand guignol !!! Pour l'anecdote le film a été détourné dans les années 70 par le situationniste René Vienet et sa distributrice Michèle Dimitri sous le nom "Les filles de Kamaré". En bonus insert hardcore et bout des films précédant, conclusion il fut interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie par chez nous le 11 décembre 1974.

"Female Yakuza Tale: Inquisition and Torture" (1973) de Teruo Ishii : voir l'article dans Errance du cinéphile !

"Battles Without Honor and Humanity: Proxy War" (1973) de Kinji Fukasaku avec Bunta Sugawara : premier film avec Fukasaku, épisode de l'énorme série des "Bataille sans code d'honneur", Reiko Ike magique et torturée !

"Criminal Woman: Killing Melody" (1973) Atsushi Mihori avec Reiko Ike et Miki Sugimoto : on prend les mêmes et on repart pour un autrte "Pinky Violence", mais cette fois ci Norifumi Suzuki n'est plus de la partie.



"The Street Fighter's Last Revenge" (1974) de Shigehiro Ozawa avec Sonny Chiba : Trois épisode de la série des "Street fighter" avec le king du karaté grand guignol Sonny Chiba, plus James Bondien que les deux premiers, Reiko Ike vient charmer le bonhomme le temps de quelques scènes...cool !!! Ca frite et en beauté !

"Xin mo" (1975) de Wei Lo : Reiko Ike change de pays le temps d'un drame made in Hong-kong avec le réalisateur de "La fureur de vaincre" avec Bruce Lee...pas mal....

"Le cimetière de la morale" (1975) de Kinji Fukasaku avec Tetsuya Watari : le polar crépusculaire de Fukasaku, voir critique dans le Sushi de Proust, ici.

"Kigeki: Tokudashi - Himo tengoku" (1975) de Azuma Morisaki : une des seules comédie tournée par Reiko.

"Ôgon no inu" ou "the golden dog" (1979) de Shigeyuki Yamane : le dernier film de la belle, a croire qu'elle a senti que les années 80 allaient précipiter le cinéma de genre dans un gouffre artistique ! Bien vu !



Voici, voilà, je vous laisse maintenant en musique (Radio Blog) et en image avec la belle Reiko Ike.