Second Life, un presque univers virtuel.
Par Cyrille le dimanche 9 décembre 2007, 21:17 - Médias et sociétés - Lien permanent

Que vous rêviez ou non d'avoir une seconde vie, l'univers de Second Life, virtuel et gratuit, est une entité internet assez curieuse. Ma vie me suffit bien, néanmoins j'ai tenté l'expérience pour vous, lecteurs et lectrices du blog de l'Airmole, et je m'en vais vous conter l'aventure. N'étant pas au fait de ce genre de techniques, mon expérience dans ce domaine ne sera pas à prendre comme un exemple. J'ai pu quand même passer quelques heures en territoire secondlifeland sans m'ennuyer. Allez, allons-y, le temps presse.
Premier essai : me voici en raton laveur, à voler dans les airs, essayer une voiture sympathique, papoter en anglais avec un castillan. Hé hé. J'en suis qu'au tutorial, petit quartier où les rats se reposent. J'ai choisi le raton-laveur comme avatar car les autres avatars sont trop ridicules. Plus que le raton-laveur en tout cas. Mon principal problème, c'est que tout est en anglais, et je suis assez médiocre dans cette langue.
je mets bien une demi-heure à sortir du tutorial, avec trois putain de torches dans les mains, volant un peu en me cognant dans les arbres. Et puis il se passe un truc inexplicable, on me laisse partir.
Me voilà donc sur une île. Je jette un coup d'oeil, l'ambiance n'est pas folle, alors je m'assois sur une colline à côté d'un buisson. Sympa. Le paysage est agréable. Mais je ne suis pas là pour ça !
En furetant, j'âpprends qu'on peut prendre un ballon dirigeable pour faire une balade. J'attend le ballon dirigeable, mais il n'arrive jamais. J'apprends quelques geste de kung-fu, puis je vais voir une expo. Il y a plein d'expos en secondlifeland.
Alors je volète, c'est agréable de pouvoir faire voler son raton-laveur. Je passe au dessus d'un temple puis je m'assois devant un piano. Mais je ne sais pas comment on fait pour en jouer. Alors je me casse. Pour l'instant, rien de passionnant.
Je finis par me retrouver face à une petite maisonette, mais "Matthiew is unavailable". Dommage, on aurait papoté.
Je vole en direction du soleil couchant. je me retrouve face à une parcelle inaccessible. Je vole au-dessus, mais je ne peux plus avancer. Je redescends, bizarre ... Je suis une route, le soleil se couche, la lune apparaît. J'arrive devant l'entrée d'une maison, je frappe. Il n'y a personne. Alors je m'envole, j'arrive à un tobogan, je descends le tobogan. Puis me voila à l'intérieur d'une maison, à jouer du piano ... J'ai au moins compris comment faire marcher un piano.
Je sors, je trouve un bateau et je m'assois. Mais comme le bateau ne m'appartient pas, je n'ai pas le droit de l'utiliser ... Il faut savoir que dans ce monde virtuel, vous n'êtes pas du tout chez vous. Ce que vous voulez, il faut l'acheter. Un comble pour du virtuel.
J'arrive à trouver une planche à voile, et me voici parti sur l'eau salée, sous la lune. Le rêve. Installé sur un transat, face à la lune, je me relaxe. Puis, lorsque je veux récupérer ma planche à voile, elle n'est plus là ! Damned ! Alors je marche, je rentre dans un magasin de vélo d'appartement, puis je sors. Hum, ça commence à me faire chier. Il faut que je me tire de là.
Je retrouve face à un endroit fermé, Peace on earth, accessible uniquement pour les membres. J'essaie un bateau mais je me fais salement bazarder dans le décor ... Sale monde de merde. Trop d'endroits fermés, d'objets à acheter, pfff. Puis je trouve un endroit saisissant, comme une explosion à regarder. Derrière, des avatars se foutent sur la gueule avec des épées.
Je m'assois, je les regarde, puis je me casse. Jusqu'à une voiture, puis un hélicoptère. Mais tu ne peux jamais les utiliser, ils ne sont pas à toi, petit raton laveur ... Allez, je me téléporte ! Js suis dans un supermarché high-tech vide. Vide de gens, hark. Putain, j'arrive pas à en sortir de ce supermarché vide de merde. On se croirait dans un Romero ...
Essai de discussion avec un avatar gonzesse, elle me propose du pop-corn, je me casse. Voilà un bel endroit, la neige tombe, mon perso est assis, il contemple. Puis il marche, traverse le paysage, se retrouve au milieu de l'océan et ne veut plus bouger. Je commence à bien le comprendre.

Deuxième essai : je comprends que je peux prendre des photos de mon voyage virtuel. Finallement, le truc dans ce Second Life, c'est de se balader, comme un voyage léger. Je me retrouve dans une cabane dans les arbres, avec une fontaine à l'intérieur. Je me prends un paquet de pop-corn, et c'est parti.

Tiens, je ne sais pas ce que j'ai fabriqué, j'ai perdu mon apparence de raton-laveur, je suis devenu un personnage de Moebius !
Je me balade, il fait beau, je trouve un groupe de gens autour d'un feu, je discute avec eux, l'un d'eux est d'Amsterdam, on parle de la ville, puis de Paris. Après, je m'envole en mangeant du pop-corn !

Des fois, on entre dans une maison, il y a des avatars, et on se fait virer ! Il y en a qui prennent ça très au sérieux. Alors on s'en va, on vole en direction de la lune. Et puis on se téléporte à la maison, au point de départ, pour prendre une autre direction. Il y a toujours un magasin de fringues à visiter ...

Aïe, me voilà bloqué en plein milieu de l'océan ! je ne peux plus avancer. Il ne reste plus qu'à me téléporter ailleurs ... Mais ça ne marche pas, je suis toujours paumé au milieu de l'océan. On a dû me jeter un sort. Je tente une autre téléportation. Rien à faire, mon personnage est maudit, il restera planté dans le décor à jamais. Espérons que ma third life se passera mieux ...
Troisième essai : me revoilà en route pour l'aventure. Cette fois-ci, nous allons élaborer un plan : à l'est toute ! Je m'arrête parfois pour papoter avec qui veut bien, mais la plupart sont un peu snobs. A part quelques "Hi" par ci par là, c'est pas la panacée. En même temps, on n'a rien à se dire, puisqu'on est dans Second Life.

Il faut recentrer son aventure, et me voici parti à la recherche de lieux extraordinaires. On peut dire que l'architecture est très hi-tech, tout ça ressemble beaucoup à des maquettes de premier de la classe. Quelques surprises lumineuses traversent quand même mon trajet hasardeux.

Mais au bout d'un moment, je me retrouve bloqué, alors je vais vers le sud. Ce qu'il me faut, c'est trouver les french guys. Après maints efforts, je rejoins la coopération française. On peut dire que ça fait chaud au coeur de voir des panneaux dans une autre langue que l'anglais ... L'ambiance est enneigée, crissante et blanche. Et je comprends quand on me parle !

Une dame m'explique deux trois trucs utiles. J'ai du mal à papoter avec des français, c'est à la limite du ridicule. Mais il faut jouer le jeu, je suis là pour ça. Je me balade un peu, j'entre dans une boîte de nuit vide et bariolée.

Sympa l'endroit. Je n'y mettrais pas les pieds en vrai, mais on n'est pas en vrai, pas vrai ? J'en fais le tour, puis je vais m'assoir sur une chaise. Mon avatar commence à se demander ce qu'il fout là, l'utilité de tout ça. Peut-être n'ai-je pas les bonnes adresses ...

Je finis par sortir, histoire d'aller prendre l'air. On se sent vite seul dans le monde virtuel. Si vaste et si exigu, peut-être me révèle-t-il une partie de ma personnalité, à savoir le plaisir de s'isoler. Je vole un peu, sans jamais me lasser de la sensation de survoler en planant, jusqu'à un lieu qui me semble sympathique. Je me pose, la table est servie, je mange.

Une autochtone n'est pas loin, je l'invite à ma table mais elle est muette comme un avatar mort. Il ne me reste plus qu'à aller chercher la quiétude. Un endroit attire mon attention, je m'y dépose et entre. L'ambiance est presque macabre, mais c'est si ridicule que ça en est kitch. Une vache coupée en quelques morceaux, ha ha, étonnant ...

Je pourrais presque dire que j'arrive au bout de l'aventure, mais j'apprends je ne sais plus comment qu'il va y avoir un concert à tel endroit. J'y vais, le bar est sympa. Je m'assois et j'attends quelques secondes. Comme il ne se passe rien, je médite ...

En sortant du bar, je croise une gonzesse qui attend le concert. On papote un peu, puis je m'envole. Je croise quelques lieux assez stylisés, je finis par me poser et m'assoir. Je regarde le vide de Second Life. Personne ne passe devant moi, je suis seul. Au milieu des pixels. J'ose le dire, ça serait presque agréable ...

Commentaires
Putain, c'est glauque ! Je pensais pas que c'était glauque à ce point-là ! Je comprends le plaisir de se balader là-dedans, d'en livrer témoignage, de se faire une petite virée virtuelle, mais tous ces endroits vides, tous ces endroits fermés, tous ces endroits payants, brrr.
ça existe pour que tu apprécies vraiment ta first life.
Ca me fait penser a l'expérience "Second life" de Dwight dans "The office" qui passe son temps à voler au dessus d'immeuble glauque et qui adore ça...en fait le truc le plus cool dans "second life" c'est que tu peux voler comme dans les rêves....le reste c'est VIDE
voler y est très agréable en effet, mais il doit y avoir des jeux en ligne bien plus intéressants et excitants.
J'en ai entendu parler mais je me demande si les gens que tu rencontres sont des équations de logiciels ou est-ce bien des personnes jouant en réseau et donc on peut assister à un vrai dialogue en direct? J'espère me faire comprendre ... zip
ils elles ne sont que des équations sensibles, comme toi et moi et eux et elles ... rien de plus ni de moins. L'Olympe, quoi ...
Moi je joue a Team Fortress 2. C'est un jeu en ligne uniquement et là pour le coup, ya du monde. Et puis ca flingue dans tout les sens à en devenir épileptique. En tout cas, c'est plus marrant que Secondlife. Pour ma part, quand j'ai essayé, je me suis retrouvé très vite à me faire chier. Par contre, Cyrille, je suis étonné que tu ne soit pas allé faire un tour dans les dessous "cul" de second life. Tu peux assouvir des fantasmes à base de pixels en 3D. Ca a un pouvoir excitant de capuchon de stylo ou de serviette de table (au choix selon les gouts de chacun)
Ha, ben j'avais pas les codes ...
Tu nous lâcherais un petit billet sur ton expérience de Team Fortress, Chouch ? Ca m'intéresserait, moi !
sinon je vais être obligé d'y jouer ...
Quelqu'un a-t-il créé son Spore ?
Tiens, j'ai failli, et puis je me suis dit, stop le mercantilisme ludique.
Si tu me dis que c'est exaltant, j'y vais.
Ben j'ai fait comme toi...
Nous sommes d'incurables désengagés. Le dernier Naomi Klein, dont j'ai commencé le feuilletage, est excellent.
yep, je confirme. Et me lance dans le Spore.