Enfance du jeune Proligère (3)
Par Cyrille le vendredi 30 septembre 2005, 19:37 - Monsieur Proligère - Lien permanent
Les patins glacés.
Le premier patin, c’est comme la première clope. On tire de l’air, on prend la grimace du fier, les flots du ventre en tempête, on s’applique aux arts imaginaires, c’est le grand spectacle. Puis on avale le truc sans échapper l’écoeurement qui nous submerge, on ne sait jamais ce que l’ébranlement pourrait provoquer de catastrophes futures. C’est qu’à ces moments-là se jouent tant de plus tard, des tonnes de plus tard qui mettent le frisson. Alors on gonfle les tempes, et on y remet un coup, non sans prudence. Car on sait qu’il se cache dans l’antre des ombres pas commodes. Enfin, une fois le joujou déjoué, on s’en éloigne en ondulant des épaules.
Il y eut un concours de patin dans la cour de l’école. On utilisa les toilettes des filles comme confessionnal. Il y eut des tours de rôles. Je ne sais ni ne sus jamais comment se débrouillèrent les autres. Toujours est-il qu’il y eut une telle frissonnade entre ma compagne improvisée et moi, que nous ne trouvâmes pas mieux que de mimer la chose en exagérant les bruitages, pour que le vrai se fasse entendre. Mon ours en peluche a toujours été moins pudique, et je l’en remercie.
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