Enfance du jeune Proligère (4)
Par Cyrille le lundi 3 octobre 2005, 13:18 - Monsieur Proligère - Lien permanent
la branlée.
J’y avais foutu la branlée. On me tapait sur l’épaule. J’y avais foutu la branlée de tous les diables et dieux de ce monde. Le Burgat se traînait par terre, assommé le bœuf ! Pourtant, la honte coloriait ma membrane interne, comme un champignon, une chanterelle irritante. Je l’aimais bien le Burgat. D’abord, il n’était vraiment pas beau. Gros corps, grosse tête, et têtu comme la bête. En plus, il cherchait des noises à tout vent. Mais là, j’avais du chercher à élargir mon temps de parole.
Deux ans plus tard, j’appris par ma mère qui l’apprit de sa mère à lui, qu’il était allé à l’hôpital se faire coudre la couane du crâne. J’inventai une histoire improbable, et on me crut. Mais la chanterelle continua longtemps de me faire gratter le ventre en situation difficile.
Puis au collège, on ne se parla plus.
Commentaires
Monsieur Proligère,
Votre souvenir d'enfance appelle un souvenir de mon enfance.
Vous m'autoriserez à l'évoquer crûment (je ne suis pas poète).
A l'âge tendre, je pratiquais le skateboard et ses diverses figures.
Un après-midi que je m'entraînais dans une rue tranquille du quartier, avec mes camarades, à l'exercice difficile de sauter par dessus une haute poutre (près de 20 cm de hauteur), un jeune imbécile qui ne pratiquait ni le skateboard ni rien, décida impulsivement (ou sciemment ?) de soulever la poutre. J'avais pris mon élan, rien ne pouvait me freiner : je chutai.
Pris de rage, je me relevai, je me défigurai, je courus après le monstre.
Il ne me fuyait pas vraiment : je le frappai. (précisément, je cognai son crâne contre un mur de crépis blanc). La vue du sang m'arrêta. L'ignoble ne pleura pas, ne cria pas. Ses cheveux et le mur rougis, on nous sépara.
On me regarda partir.
Je revis l'ignoble & monstrueux imbécile, le fou, dans la suite.
J'avais gagné, il avait perdu : la soumission se lisait dans ses yeux, dans ses gestes; il ne me provoqua plus. De faiblesse, il attendrit ma force.
Je n'oublie pas sa main gauche, déformée de naissance ou brûlée dans un accident, où l'on ne distinguait que 3 doigts plus 1 forme indistincte, brouillée, écrasée.
Puis il disparut.
Bien à vous les salutations qualifiées,
Jacques-Benoît Louis (ps.)
Une bien belle similitude, en effet. Malheureusement, mon oncle Mr Proligère ne s'est jamais vraiment souvenu de ce qui provoqua son implacable cruauté. Ni planche ni quoi que ce soit de ressemblant. Et vous, Mr Louis, ça vous gratte aussi ?
Cela me démangea jusqu'au grattage. Cela s'est apaisé.
J'ai pensé qu'il était le diable (cette main !) et qu'alors, j'étais quelque dieu vengeur. Mais, cela n'est pas possible : j'ai mes difformités.
J'ai pensé que j'étais le diable, et que dieu me testait (cette main !). Mais, cela n'est pas possible : j'ai mes grâces.
Enfin, grâce à mon bon ami Divers (parfois, mon bon ennemi), j'ai compris qu'il ne fallait rien comprendre, et juste additionner. J'ai additionné juste, enfin je le crois, une somme de hasards.
Les sommes de hasards sont sans fin (ni dieu ni diable), et je me suis apaisé dans le calcul, un calcul sans fin, un calcul dont la fin n'importe pas puisqu'elle n'existe pas.
(cela ne vous frappe-t-il pas, cher René, que ce qui n'existe pas nous gratte autant ?)
Au lieu du signe de l'égalité (...+...+... ... =), j'ai sombré dans un doux rêve (mouton + mouton + mouton ...), et mon souvenir avec.
Bien à vous, cher neveu du cher sans prénom.
Si vous saviez, cher ami, combien la chose invisible est présente entre mes gestes. Je dirais même qu'elle me dirige trop parfois. De l'ombre et du concret, on ne sait auquel se vouer !
C'est que nos pensées magiques perdurent, que nos mythes se transforment et luttent maladroitement contre les rocailles du matérialisme. Mais je vous rassure, vous n'êtes ni dieu ni diable, puisque vous êtes là à lire une réponse qui se fera question. D'ailleurs, sans faire dans le prophétique, qu'en est-il de vos nouvelles appréhensions ?
Rrrené ou quoi,
L'cousin JBL a dispârrru. Je l'cherrrche. Ja vous trrrouve.
Qui n'êtes-vous ? Qui n'est votrrre oncle ?
Famille Prrôligèrrre, cônnais pô, jâmais n'entendu pârrrler !
Qui n'êtes vous ?
V'n'êtes pâs franc-comtouâ, ja l'saurais.
Moâ, ja vous suspecte, vous, là, le Prrrôligèrrre.
Ja cite : "apprrréhension", "dieu", "diable", et tout.
La rrreligion, ça pâs d'cheu nous, ça pas des môts au cousin.
Où qu'l'avez-vous mis ? L'cousin ?
Ja pas d'argent, ma ja des relations... Ja d'la pôlice que j'cônnais... Alôrs, méfie-toi l'René, que j'te trouve.
Rends-moâ l'cousin ! Dis-moâ où qu'il est ! l'est pas bien fort, l'a jamais été... faut qu'y dorme, faut qu'y rêve, et pis faut toujours qu'y calcule !
P'tet ben qu'il a mal calculé... ou qu'il a calculé un mauvais coup...
Faut voir...
Cher monsieur Proligère,
Excusez mon cousin : son corps est petit, ses pattes sont longues, et son cerveau... : son cerveau a le mérite d'être.
Ce que j'appréhendais ? Est arrivé. J'ai disparu dans mon rêve, et mon cousin s'est inquiété. Il veut tout maîtriser : il est esclave de tout. L'ami Divers s'en amuse à chaque instant, le titille, le pique, l'irrite. Il est la cause de ceci et surtout de cela.
Mais je réapparais, sans plus d'appréhension.
Cher Jacques, vous permettez que je vous appelle Jacques, Je vous souhaite un merveilleux retour parmi nous les concrets. Et en terme de renaissance, je sais ce que c'est. Car voyez-vous, les prénoms formant le caractère, j'ai eu à revenir aussi.
D'ailleurs, en voici quelques-uns qui devraient vous intéresser :
Denis cherche son second, Audrey sa seconde, Rémi joue toujours sur deux notes, Marc marque, Michelle est une moitié de coquillage, Billy préfère les hamacs, etc.
Mais à quoi donc jouiez-vous ?