Les pubères siégeaient autour du vieux lavoir. On en était encore au pédalier-alu, aux poignées-mousse, qu’eux avaient la péteuse au pot Ninja ! Nous l’âge de pierre, eux l’âge de bronze.
D’où l’attrait quasi-hypnotique pour ces poilus.
A la limite du vieux village, ils siégeaient les pubères, fiers et émancipés, tout en moustache et muscle méditerranéen. Nous les gamins des lotissements avions les yeux en bouche. Rejoindre la bande était l’unique mission, mais pour ce faire, il fallait l’unique instrument : la péteuse.
Jamais je ne pus l’avoir, tant la personne maternelle était craintive. J’en fus réduit à taper du globe jusqu’aux quatorze.
Ce qui manqua donc à ces jours étonnants fut la bande, le groupe, l’assemblée fraternelle toute en gouaille. Ni frère Gau à taper l’épaule, ni Antonin à écouter la mécanique, ni galinette à savourer l’insolence.
Ma mythologie se fit d’autres ingrédients, certes moins sauvages, mais tout aussi herculéens.