Enfance du jeune Proligère (6)
Par Cyrille le mercredi 5 octobre 2005, 19:05 - Monsieur Proligère - Lien permanent
Les guêpes tueuses
Vers l’âge des culottes courtes, alors que la famille s’établissait en complexe urbain crépité, le grand essentiel de l’environnement était en construction. Ils s’y firent les jeux féroces.
Stéphane mon voisin, dont le chant et le stade anal étaient les deux passions, s’accompagna souvent de moi le jeune Proligère pour de superbes joutes en territoire inoccupé.
Armé de roseaux que nous tenions à l’envers, lame au sol, comme nous avaient instruits les guerriers galactiques de San Ku kaï, nous franchissions les limites autorisées pour aller combattre les guêpes tueuses.
Les courses furent soutenues, vives et bruyantes. Mais jamais ne fûmes piqués.
Il y eut des chocs intenses lorsque la lame frappait le corps tendu de l’une d’elles. Un choc spatial. Nos lames étaient déjà imprégnées du sang des vipères, des plantes carnivores qu’il nous fallait traverser pour arriver jusqu’à la base caché de ces salopes. Le chuchotement était de rigueur, car elles avaient le code universel.
La seule blessure qui survint m’arracha un bout de jambe. Nous traînions en terrain vague lorsque, affolée de notre venue, une armada de piqueuses prit la poudre d’escampette en décollant dans un gros astronef. Une partie de la machine me blessa. Courageusement, Stéphane mon voisin me ramena à la base. Et là, nous observâmes la blessure. Point de sang, juste une chair ouverte sur une viande blanche. Nous gardâmes le secret. J’étais un enfant de l’espace, invincible mais voué à se nourrir de solitude.
Commentaires
Que la force soit avec toi Proligère San !!!