sombre tendon et sable blanc (4)
Par Cyrille le dimanche 15 juillet 2007, 19:03 - Photos et usage de photos - Lien permanent

Collaboration symptomatique des CyrP et SamZ, basée sur l'entente aveugle du conciliabule.
Quatrième partie, la transparence des esprits financé par les troglomassifs du funicule spatial.

C'est à l'intérieur et non au pourtour du globule que nous avions annoncé l'arrivée fugace des esprits dilatés. Rendez-vous bien compte, le voyage est long et ennuyeux pour les êtres sans être. Il leur faut trouver matière à habiter, couleur à sucrer, malheur à sucer, os à débiter. Néanmoins, ces subterfuges ont trouvé le moyen de rallonger le chemin en se payant le luxe du détour périphérique. Rien ne vaut un bon pique-nique dans une forêt de bâtonnets pour saisir l'insaisissable. Les salauds ont planté la tente avec vue sur les cils englués, et la smala a battu son plein. Lorsqu'ils nous sont enfin apparus, quelques demi-siècles plus tard, nous avions cessé de grandir pour ne plus voir que nos pieds. Quelle ne fut pas la surprise lorsque, alors que nous prenions le thé, les Huns et P'o et autres kaiju ont débarqués dans le salon, tout encroûtés de bile lacrimale. j'en ai tombé ma tasse, et le sucre est resté collé au fond. L'un d'eux a gentiment fabriqué le retour en arrière, ainsi la tasse a rejoint ma main frippée. Je me souviens que nous nous sommes salué d'un coup de vent, et que leurs langues ont commencé à ranger leurs affaires sous les tapis afghans. Nous étions relativement excités, car leur arrivée n'était plus dans l'ordre des choses. Aussi, lorsqu'ils eurent fait ce qu'ils avaient à faire, nous nous installâmes devant la fenêtre. Ma femme prit sa pipe et la porta à sa bouche. L'un de nos hôtes vint s'y nicher. La soirée s'annonçait des plus colorées. Nous eûmes droit à des récits sans fin, qui continuent de perdurer, à des silences d'une épaisseur toute exotique, dont la tranche se confond avec la longueur, à des mimiques post-mortem, auxquelles je me dois ici de rendre hommage tant elles ont rallongés mon acuité de quelques pieds. La soirée dura quelques années, et les évènements humains eurent alors une saveur infinie car nous vivions au-delà des évènements, disons que nous étions à côté, mais dans une perspective décalée, plus réduite, plus dense. Chaque soubresaut, chaque saccade humaine était saisie au vol par nos amis qui en faisait des montagnes de caricature. Puis vint le moment délicat où il nous fallut parler. Car leur curiosité ne pouvait se satisfaire de nos réactions, bien qu'elles soient tout à fait lisibles pour qui sait lire ou qui veut lire sur les visages. Et nous ne trouvâmes pas les mots. Nous avons pourtant cherché partout, mais aucune trace de ce qui nous distingue des morts ennuyeux ne s'est révélée. Ils durent partir. Il ne nous reste plus que les teintes aériennes de leur passage, et nous nous en satisfaisons. Merci.
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