tendonsable (11)
Par Cyrille le samedi 6 octobre 2007, 00:18 - Photos et usage de photos - Lien permanent

Collaboration symptomatique des CyrP et SamZ, basée sur l'entente aveugle du conciliabule.
Onzième partie, Eclosion, financé par les troglomassifs du funicule spatial.

Il ne nous reste plus qu'à invoquer le silence.
Clapotis. Tipoclas ! La plate-forme de nos envies s'est envoyée en l'air, ses longues jambes nous sont passées par-dessus la tête, et nous voilà au fond de l'aquarium. Dit comme ça, on sent venir l'ellipse improbable, mais dès lors que l'on sait que ce qui se passe appartient à la réalité, on ne se pose plus de question quant à la véracité du programme. Nous voilà donc au fond de l'aquarium. Autour de nous, des géants utilisent des troncs d'arbre qu'ils glissent entre leur doigts longs comme des dirigeables. Nous les voyons, je dis cela car mes compagnons d'infortune sont collés à la paroi de verre, tout comme moi, nous les voyons accrocher des vers blancs, énormes et amorphes, avec leurs arbres. Et les voilà qui dirigent leurs entreprises vers le gouffre final, grande gueule ouverte au vent. Leurs camions alignés commencent à se cogner les uns contre les autres dans un couplet-refrain chaotique mais très dilaté. D'ailleurs, nous écarquillons tous les yeux. Mais voilà qu'un tronc se lève, pointant vers le ciel sa carapace de granit, qu'un autre géant se rapproche de lui, et qu'il fait bouger les airs avec cet immense colline qui lui sert de menton. Les deux monstres sont d'accord, et la masse gigantesque vien assombrir notre habitacle liquide. Il est ici, sa montagne de ventre se colle à la paroi. Nous nous éloignons de la surface pour rejoindre le centre, le fond, l'épais vide qui nous paraît sans danger.
Et la griffe mécanique vient piocher au hasard dans notre air, piocher en grattant dans le vide, à l'aveuglette, ô grând drâme que de voir s'envoler cette si douce Octave hurlant muette au coeur de la griffe qui la broie, l'écrase, fait sortir ses entrailles, la pulpe invisible de l'horreur !
Maintenant qu'Octave est dans l'assiette du monstre, nous ne bougeons plus. Chacun regarde l'autre. Le temps se fait épingle à nourrice.
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