Chapeau bas de laine ! L'état de l'ennemi est au plus bas de laine ! Les maréchaux, chaussés de laine au plus bas ont fouillé la terre et récupéré les ongles de l'ennemi. Six paires d'ongles, rendez-vous compte, six paires des plus grandes têtes ennemies !
Mon oncle est parti ce matin sur le champ de guerre, y récupérer son latin de laine. Tout ce qu'il avait ingurgité la veille doit être à terre, sur le champ de guerre, à se nourrir des vers qui se nourrissent des grandes têtes ennemies ! Mon oncle est capitaine, son cheval lui sert de coiffeuse. On dit qu'il tient beaucoup à sa coupe aphrodisiaque en forme de spaghettis aux épices.
Je ne suis que le palefrenier de sa dame, ma fausse tante qui m'abrite de ses récits de guerre ; son ancien mari était un "de la Rombière". Vous ne me prendrez pas au sérieux si je vous assure qu'elle m'a sussuré la chose suivante : un jour qu'on lui a coupé les deux bras sur le champ de bataille voisin, la colère de son de la Rombière préféré fut si sérieuse qu'ils repoussèrent d'un coup, ses deux bras !
Ma fausse tante me glissa alors la langue dans le creux de l'oreille, si je vous le fais aussi vous me croierez aussi mais je ne le ferai pas. Oh, si je vous le disais autrement, peut-être ... En vous retournant les ongles, peut-être ...
Je ne suis que le palefrenier de sa dame, ma fausse tante, ma vraie amante. Je l'aime lorsqu'elle fait glisser ses bas de soie, ses bas de laine, ses bas du soir, ses bas de peine, ses glissades humides qui tracent sur ses joues les barreaux de notre amour interdit, que mon entière disposition de simple palefrenier de sa dame dérobe. Si mon oncle le capitaine savait, je rejoindrais les grandes têtes ennemies et perdrais quelques ongles !
Mais voici que le ciel s'assombrit, que les nimbus s'accumulent, sentez la montée d'ozone, voyez palpiter les poussières des grandes têtes ennemies. L'air a repris son rythme guerrier, la lame va percer. D'ici quelques heures, mon oncle le capitaine reviendra avec ses hommes et son latin, nous nous installerons sous ma tante et feindrons d'écouter sa mauvaise haleine. D'ici là, je m'en vais la rejoindre, car elle a une histoire légère à me conter.