tendonsable (10)
Par Cyrille le lundi 17 septembre 2007, 13:59 - Photos et usage de photos - Lien permanent

Collaboration symptomatique des CyrP et SamZ, basée sur l'entente aveugle du conciliabule.
Dixième partie, Courants, financé par les troglomassifs du funicule spatial.
Patience et délectation de la chute.
Alors que nous nous occupions à lire les traces angulaires des parois, le sol s'est fait entendre, tel un vombrissement, un point d'exclamation. Comme les choses sont bien faites, nous n'eumes pas à nous écraser, car il se passa le phénomène de la défragmentation. Il semble que les ondes de notre chute aient été emmagasinées, véritable fatras de vibrations contradictoires, pour s'organiser en matelas symbiotique.
Nous voilà à nouveau dans la situation ridicule du bipède. Chacun compte méthodiquement les particules de sa structure osseuse, et le compte y est. C'est une bonne chose, car personne ne se sent de rebrousser chemin. Nous utilisons alors nos globes occulaires pour faire une photographie panoramique du lieu qui nous accueille. Nous sommes au coeur d'une prairie aquatique, dans ce qui paraît être le bain originel, là où tout a commencé.
Comme nous sommes bien élevé, nous nous déchaussons. Octave enlève ses boucles d'oreille et les jette au loin. Les objets humains sont absorbés par la matière végétale, digérés puis réorganisés en bulbes. Je ronge donc un ongle de mon pouce, que j'avais dû garder inconsciemment intact pour ce genre de situation, et je le lance au hasard. Il en sort un cactus sphérique au bouton doré et mouvant. J'ai l'impression qu'il cligne de l'oeil. Puis ses palpitations se stabilisent.
Voyant que la magie opère sans violence, Nazo se mouche dans sa main, et lance la matière pulmonaire au loin. Nous regardons la magie bouillonner, pour enfin apercevoir le premier tronc, d'une épaisseur absurde. Beaucoup plus long que haut, l'espèce de plateau nous semble très approprié pour que nous nous y installions. Ce que nous faisons. Maintenant que nous avons trouvé notre territoire, nous pouvons considérer le lieu comme notre terrain de jeu. Luna se sépare d'une poignée de cils, qu'elle disperse autour de notre fort. Chaque cil devient un nénuphar en cuivre.
Basco exulte, il vocifère, la lumière phosphorescente émanant du fond en fermentation transforme ses postillons en étoiles. Il arrache une dent de sa bouche et la lance le plus loin possible. Nous attendons tous de voir la transformation. Et c'est un chêne fait d'ivoire qui jaillit de l'amniotique.
Mais le jeu a ses limites, et nous ne désirons pas nous séparer de tout ce qui nous constitue. Il ne nous reste plus qu'à invoquer le silence.
Clapotis.
Commentaires
whaoo !!! tres joli !!!
Mais plus dangereux qu'il n' parraît...
Cyrod m'a parlé d'autres évènements qui font froid dans le dos...